Le chef de l'ONU lance à New York un dernier appel à l'action climatique avant son départ

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a exhorté mercredi les Etats à adopter des plans concrets de sortie des énergies fossiles, et salué l'essor "qui ne peut être arrêté" des renouvelables, lors de son dernier sommet climatique à New York.

Après avoir accusé la veille les géants pétroliers d'avoir longtemps considéré "l'atmosphère comme une décharge", M. Guterres a lancé un nouvel appel à l'action, coloré d'une nuance d'espoir.

"Les énergies renouvelables constituent presque partout la source la moins chère, la plus rapide et la plus sûre", et l'"énergie propre est passée du statut d'alternative à celle de force qu'on ne peut arrêter", a-t-il souligné dans son discours d'ouverture.

Lui qui a tenté tout au long de ses mandats de mobiliser la communauté internationale sur le sujet, a exhorté une nouvelle fois les Etats à relever leurs objectifs climatiques et à s'engager fermement dans la sortie des combustibles fossiles.

Quelques heures plus tôt, l'Allemagne, première puissance économique européenne, avait adopté une feuille de route en ce sens, devenant après la France et les Pays-Bas le troisième pays à formaliser une telle stratégie.

Le chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband, a lui promis un investissement de 330 millions de livres (437 millions de dollars) dans un mécanisme financier destiné à soutenir les objectifs mondiaux en matière de nature, de climat et de pollution.

"C'est un peu décevant qu'il n'y ait pas eu davantage d'engagements et d'annonces ici", a déclaré à l'AFP Cosima Cassel, du groupe de réflexion E3G, tout en saluant la feuille de route allemande.

"Nous n'avons pas une seconde à perdre", a rappelé à l'assemblée M. Guterres, qui quittera ses fonctions fin décembre.

- "Tournant décisif" -

Cet énième appel à l'action intervient alors que le monde vient de connaître le mois d'août le plus chaud jamais mesuré et que les effets du changement climatique s'intensifient à travers le globe, entre canicules record, incendies ravageurs, crues meurtrières et fontes accélérées des glaciers.

Autant de catastrophes que pourrait aggraver le phénomène climatique El Niño en cours, et qui devraient devenir de plus en plus fréquentes alors que le dépassement du seuil symbolique des +1,5°C semble désormais inévitable.

"Nous sommes à un tournant décisif", a reconnu la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, évoquant l'"été de vérité" qu'a connu l'Europe occidentale, avec plusieurs vagues exceptionnelles de chaleur.

Plusieurs intervenants ont également mentionné les inondations meurtrières qui ont fait en août plus de 1.400 morts et au moins 6.000 disparus au Népal et en Chine après l'effondrement d'un pan de glacier, sans toutefois promettre d'aides concrètes.

"Ces tragédies ne sont pas des événements isolés, elles sont les symptômes d'une crise mondiale (...) dont le Népal n'est pas à l'origine", a insisté à la tribune le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal.

- Ambitions tempérées -

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre australien Anthony Albanese se sont également exprimés, en tant que co-organisateurs de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat.

Si la Turquie présidera et accueillera en novembre la COP31 à Antalya, c'est l'Australie qui est chargée de mener les pourparlers, en vertu d'un compromis politique inédit.

"Agir n'est pas une option" et cela "commence chez nous", a déclaré M. Albanese en soulignant que les énergies renouvelables alimentaient la moitié du réseau électrique australien au plus fort du dernier été austral.

Ces déclarations surviennent alors que son ministre du Changement climatique et de l'Energie se rend cette semaine en Inde et en Arabie saoudite pour renforcer l'approvisionnement du pays en hydrocarbures.

Côté turc, le président Erdogan a semblé tempérer les attentes pour la COP31.

"Toute proposition ne parvenant pas à concilier nos objectifs climatiques avec les réalités sociales et économiques sera vouée à l'échec", a-t-il indiqué.

Le sommet a également été l'occasion d'appels à mieux financer la transition des pays en développement, à renforcer la résilience des sociétés et à verdir les économies, notamment grâce à l'électrification.

La Turquie plaide auprès des autres pays pour faire passer la part d'électricité dans la consommation énergétique mondiale à 35% d'ici 2035, contre un peu plus de 20% aujourd'hui.

Mais elle n'a pour l'instant pas détaillé si cette production supplémentaire serait fournie par des énergies décarbonées ou non.

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