Colombie: d'ex-chefs de la guérilla des Farc à la recherche de victimes du conflit armé

Sept anciens chefs des Farc en Colombie ont entamé la recherche des victimes disparues de cette guérilla désormais dissoute, conformément à une condamnation les obligeant à réparer leurs actes, a annoncé la justice mercredi.

Les sept hommes, parmi lesquels Rodrigo Londoño, alias Timochenko, le dernier commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), ont été condamnés l'an dernier pour crimes de guerre en lien avec l'enlèvement par la guérilla de plus de 21.000 personnes entre 1982 et 2016, année où l'organisation a finalement accepté de signer un accord de paix avec l'Etat et de déposer les armes.

La Juridiction spéciale pour la paix (JEP), née de l'accord de 2016 et qui juge les pires crimes commis durant le conflit armé ayant déchiré ce pays d'Amérique du Sud pendant un demi-siècle, a ordonné huit ans de liberté surveillée et de travaux d'intérêt général, notamment en contribuant à localiser les milliers de victimes du conflit.

Mercredi, la JEP a annoncé que ces ex-membres de l'état-major des Farc avaient commencé à exhumer lundi des corps non identifiés dans un cimetière du département de Huila, dans le sud-ouest du pays.

La JEP a publié sur X des photos montrant Timochenko, ainsi que d'autres dirigeants de ce qui fut la plus puissante guérilla des Amériques, en train de creuser dans un cimetière de la ville de Pitalito.

Leur condamnation prévoit également que les sept anciens guérilleros mènent des activités de promotion de la réconciliation, participent à des campagnes de déminage, et portent des dispositifs de surveillance électronique.

Ils ont écopé de la peine maximale prévue par l'accord de paix, qui offre aux ex-guérilleros et ex-militaires des alternatives à la prison s'ils reconnaissent leurs responsabilités et permettent d'établir les faits.

La JEP a récemment dénoncé un projet de loi visant à réduire son budget, y voyant une stratégie d'"asphyxie économique" soutenue par le nouveau président de droite.

Abelardo de la Espriella, qui a accédé à la présidence en août, a promis pendant sa campagne de démanteler le tribunal pour la paix, dont les détracteurs jugent les peines contre les ex?guérilleros trop clémentes et rejettent les enquêtes sur les crimes commis par l'armée.

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