La CPI parmi les trois finalistes du prix Sakharov de l'Union européenne

La Cour pénale internationale de La Haye, ciblée par des sanctions américaines, figure parmi les trois finalistes retenus par le Parlement européen pour le prix Sakharov, que décernera jeudi la seule institution élue de l'UE.

Créé en 1988 en l'honneur du dissident soviétique Andreï Sakharov, ce prix est décerné chaque année par les eurodéputés à des personnes ou des organisations en reconnaissance de leur combat pour les droits humains, la démocratie ou la liberté d'expression.

Le lauréat 2026 doit être annoncé jeudi au Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg, avant une cérémonie de remise du prix prévue en décembre.

Lundi soir, les eurodéputés de la commission des Affaires étrangères ont désigné "la Cour pénale internationale et ses collaborateurs" parmi les finalistes, avec l'avocat et opposant tanzanien Tundu Lissu, ainsi que les soeurs Rahimi, deux Iraniennes lourdement condamnées dans leur pays pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales.

"En période de guerre et de répression croissante, ceux qui défendent la liberté doivent savoir qu'ils ont des alliés. Le Prix Sakharov permet à ces voix d'être mieux entendues", a déclaré David McAllister, l'élu allemand du PPE (droite) qui préside cette commission.

"Soutenir la CPI, c'est soutenir le droit international", a fait valoir de son côté le groupe S&D (social-démocrate), qui a proposé l'attribution du prix à cette institution malmenée par plusieurs grandes puissances.

Cette juridiction créée par l'ONU juge des individus pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Il y a dix jours les États-Unis ont annoncé des sanctions contre la CPI visant à paralyser son fonctionnement quotidien, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix à l'une de ses anciennes juges, Navi Pillay.

Le président américain Donald Trump, qui estime que le prix Nobel aurait dû lui revenir, a fustigé un choix "honteux" du comité Nobel.

Le milliardaire républicain dénonce depuis son retour au pouvoir le mandat d'arrêt délivré en 2024 par la CPI contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza.

Outre la CPI, le Parlement européen souhaite braquer les projecteurs sur le combat de l'opposant tanzanien Tundu Lissu, chef du parti Chadema. Arrêté en avril 2025 il risque la peine de mort s'il est reconnu coupable de trahison, pour avoir prétendument incité la population à boycotter les élections de l'an dernier.

Enfin Taraneh et Romina Rahimi, 21 ans, ont respectivement été condamnées à mort et à 36 ans de prison pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales à Ispahan en janvier.

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