Une ressortissante birmane résidant au Danemark a porté plainte lundi devant la justice danoise contre le président birman pour crimes de guerre présumés commis contre les minorités dans son pays.
Sa plainte pourrait être rejointe par plusieurs autres.
"Nous agissons au nom de clients originaires de Birmanie qui sont installés et vivent au Danemark, et qui déposent des plaintes auprès de la police danoise contre le régime (birman, ndlr) afin que celle-ci ouvre une enquête sur d'éventuels crimes internationaux et violations des droits humains commis à l'encontre de nos clients ainsi que de communautés en Birmanie", a dit à l'AFP Eddie Khawaja, l'avocat danois représentant la plaignante ainsi que d'autres réfugiés birmans.
"J'ai rejoint le groupe CDM (mouvement de désobéissance civile, ndlr) et j'ai eu peur de l'armée tous les jours (...) nous avions peur qu'ils nous attrapent et nous fassent ce qu'ils font aux autres", a expliqué à l'AFP la plaignante Ngun Siang Dim, issue de la minorité Chin.
Depuis 2025, la loi danoise permet de poursuivre les responsables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide, quel que soit le lieu où ces crimes ont été commis si le plaignant ou le responsable présumé est au Danemark.
"Ils (la junte militaire, ndlr) ont fait tellement de choses : par exemple, les enfants ne peuvent plus aller à l'école, alors qu'ils devraient y être, et aussi, avec des avions de chasse, ils continuent de larguer des bombes, ils détruisent nos maisons. Ils ont beaucoup été torturés, émotionnellement aussi", a énuméré Ngun Siang Dim, 39 ans.
Installée au Danemark depuis octobre 2023, elle est d'abord passée par l'Inde et la Thaïlande.
"C'est vraiment une étape très importante pour pouvoir raconter cette histoire, non seulement pour elle, mais aussi pour pouvoir dénoncer les crimes que le régime militaire commet contre sa propre population", a expliqué à l'AFP Tracy Bawi Hlei, la présidente de Myanmar Action Group Denmark, qui soutient la plainte.
"Maintenant que je sais que j'ai l'opportunité de pouvoir parler, oui, j'aimerais partager ce qui se passe, non seulement pour moi, mais aussi pour les gens qui sont encore en Birmanie", a confirmé Ngun Siang Dim.
La Birmanie est poursuivie devant la Cour internationale de justice pour génocide contre la minorité musulmane rohingya.
Les militants des Rohingyas qui ont dû fuir leur pays natal ont porté plainte devant des tribunaux internationaux mais aussi en Argentine et en Indonésie, dont les systèmes judiciaires appliquent également le principe de "compétence universelle".
Début février, la Chin Human Rights Organization a annoncé que le Timor oriental avait nommé un procureur chargé d'enquêter sur une affaire de crimes de guerre commis par la junte birmane.

