La France "n'a aucune intention" de reconnaître les autorités talibanes, selon les Affaires étrangères

La France "n'a aucune intention" de reconnaître les autorités talibanes bien qu'elle reprenne un dialogue technique en vue d'expulser les Afghans en situation irrégulière et jugés dangereux pour la sécurité nationale, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

"La France ne reconnaît pas les talibans et elle n'a aucune intention de le faire. Ce dialogue technique ne veut aucunement dire une reconnaissance du régime", a dit Pascal Confavreux, lors d'un point de presse. Il a en outre assuré qu'il n'y avait "pas de délégation talibane aujourd'hui au consulat" de l'Afghanistan à Paris, contrairement à des informations de presse en ce sens.

Début octobre, l'AFP avait révélé que des discussions "techniques" avec les talibans étaient engagées par Paris. Une source diplomatique avait souligné que ces discussions "ne (remettaient) pas en question" la position française sur l'Afghanistan qui n'entretient plus de relations diplomatiques avec les talibans depuis leur retour au pouvoir en août 2021.

"Nous avons initié un dialogue technique avec l'Afghanistan, avec le régime actuel, pour une raison très particulière. C'est pour pouvoir renvoyer directement des ressortissants afghans qui sont dangereux, qui présentent une menace pour l'ordre public en France et qui sont ici de manière illégale", a répété Pascal Confavreux.

Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait lui-même confirmé lundi que des "discussions techniques" étaient engagées entre Paris et les autorités talibanes lors d'une audition à l'Assemblée nationale.

La députée Écologiste Léa Balage, qui l'interrogeait, a accusé le gouvernement français d'un "début de normalisation des relations diplomatiques avec un régime qui commet un crime contre l'humanité" en pratiquant "un apartheid de genre".

Au Quai, on rétorque que la France continue de se mobiliser pour les femmes afghanes que les autorités des talibans tentent d'effacer de l'espace public afghan.

Le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot a ainsi accueilli lundi des femmes afghanes au Quai d'Orsay à l'occasion de l'événement "Agir pour l'Egalité" du think-and-do tank Marie Claire, laboratoire d'idées et espace de dialogue fondé par le magazine français Marie Claire.

Il a dénoncé la "régression globale" qui "se manifeste sous nos yeux en Afghanistan, un pays où l'on a méthodiquement entrepris d'effacer les femmes de la société", dans un discours transmis à l'AFP par son entourage.

"Ces atteintes généralisées aux droits de l'Homme détruisent les perspectives des femmes et des filles afghanes, mais elles entravent également la possibilité d'une pacification et d'une stabilisation durable de l'Afghanistan", avait-il estimé.

La France rappelle enfin qu'elle a multiplié la délivrance de visas via ses ambassades situées dans les pays voisins permettant à 17.000 Afghanes et Afghans, militantes, journalistes, artistes, juges et avocates menacées de rejoindre la France depuis la chute de Kaboul en août 2021.

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