L'armée soudanaise a arrêté dimanche Ahmed Haroun, ancien collaborateur de l'autocrate déchu Omar el-Béchir, recherché par la justice internationale pour crimes de guerre et contre l'humanité, a indiqué à l'AFP un responsable de la sécurité.
Ahmed Haroun, ex-président du parti d'Omar el-Béchir, a été "placé en garde à vue conformément aux procédures légales", a précisé cette source sous couvert d'anonymat.
Il est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour 22 chefs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité lors du conflit au Darfour en 2003 et 2004.
L'ex-gouverneur de l'État du Kordofan-Sud et ancien ministre d'Omar el-Béchir avait été arrêté une première fois en avril 2019, après la destitution de l'autocrate.
Mais il s'était évadé avec d'autres anciens responsables du pouvoir en 2023, au début de la guerre entre l'armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), héritières de la milice des Janjawid, accusée de massacres ethniques au Darfour dans les années 2000 sous le pouvoir d'Omar el-Béchir.
Ahmed Haroun est depuis réapparu pour afficher son soutien à l'armée soudanaise.
Il était resté relativement discret jusqu'à une interview très médiatisée donnée à un podcast vendredi, au cours de laquelle il a réaffirmé son soutien au chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhane, critiqué pour avoir intégré dans ses rangs des islamistes de l'ancien pouvoir.
Le général al-Burhane entretient une relation complexe avec ses soutiens islamistes, armés et influents, sur lesquels il s'appuie pour ses visées politiques et militaires, tout en subissant des pressions américaines, égyptiennes et saoudiennes pour s'en distancier.
La destitution d'Omar el-Béchir en avril 2019, après des manifestations massives, avait suscité l'espoir d'une transition démocratique, avant que le général Burhane et son ancien adjoint devenu son rival, le commandant des FSR Mohamed Hamdane Daglo, n'évincent les civils du gouvernement de transition en 2021.
Leur rivalité latente a dégénéré en guerre en avril 2023, après une ultime lutte de pouvoir autour de l'intégration prévue des FSR dans l'armée régulière.
Depuis, l'armée s'appuie sur une coalition de milices pour combattre les FSR, incluant des combattants islamistes.
La CPI réclame depuis des années la remise d'Ahmed Haroun ainsi que d'Omar el-Béchir, emprisonné dans son pays.
En 2024, les États-Unis avaient annoncé offrir jusqu'à 5 millions de dollars pour l'arrestation d'Ahmed Haroun.

