04.12.08 - TPIR/KALIMANZIRA - LE PROCES D'UN EX-HAUT FONCTIONNAIRE SUSPENDU JUSQUE FIN JANVIER

Arusha, 4 décembre 2008 (FH) - Le procès de Callixte Kalimanzira, un ancien responsable du ministère rwandais de l'Intérieur, accusé de génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a été suspendu jeudi jusqu'au 26 janvier 2009, a constaté l'agence Hirondelle.
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Kalimanzira, un agronome de formation, a dirigé en avril et mai 1994, le ministère de l'Intérieur. Le ministre, dont il était le directeur de cabinet, n'était en effet pas revenu au Rwanda après la mort du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

Les débats ont été ajournés après la déposition de 24 témoins à décharge entendus depuis l'ouverture de la défense le 17 novembre.

Selon Me Arthur Vercken, le conseil principal de Kalimanzira, 29 témoins, dont l'accusé lui-même, sont attendus pour la prochaine session qui durera jusqu'au 5 février 2009. L'avocat français n'exclut cependant pas l'éventualité de renoncer à certains d'entre eux.

La défense de Kalimanzira a prouvé au cours de la session qui s'achève qu'elle était capable de faire comparaître une moyenne de 4 témoins en une journée, ce qui constitue une exception au TPIR .

Selon Me Vercken, ses témoins « vont droit au but » et viennent réfuter ce qu'il a appelé, dans sa déclaration liminaire, "une multitude de 53 micro accusations réparties sur près de 3 mois dans 5 grandes communes du Rwanda".

Sans fixer de date définitive, la chambre présidée par le juge Dennis Byron a demandé aux parties de déposer leurs conclusions écrites dans les trois semaines suivant la clôture de la défense afin que les réquisitions et plaidoiries puissent être entendues dans la semaine suivante.

Me Vercken et son équipe ont fait part de leurs difficultés à respecter ces délais d'autant qu'ils ont d'autres engagements dans leurs cabinets, mais la chambre a assuré qu'un ajustement justifié n'était pas à exclure.

Le procès s'est ouvert le 5 mai dernier. Kalimanzira qui plaide non coupable est poursuivi pour génocide, complicité dans le génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide.

Le procureur a terminé son accusation le 30 juin après avoir fait comparaître 24 témoins en 16 jours d'audience.

Les faits les plus graves portés contre Kalimanzira concernent le rôle qu'il aurait joué dans le massacre de milliers de Tutsis qui avaient cherché refuge sur la colline de Kabuye, dans la sous-préfecture de Gisagara (préfecture de Butare) vers fin avril 1994. Perpétrées par des soldats, des miliciens Interahamwe et des réfugiés burundais, les tueries de Kabuye ont duré plusieurs jours, selon l'accusation.

Dans la préfecture de Butare, le génocide n'a commencé que vers la fin avril 1994 après une réunion publique à laquelle participaient plusieurs membres du gouvernement intérimaire dont le président Théodore Sindikubwabo et le Premier ministre Jean Kambanda.

ER/PB/GF

© Agence Hirondelle