28.10.08 - TPIR/KAREMERA - LA CHAMBRE REDUIT LE NOMBRE DES TEMOINS D'UN EX-DIRIGEANT DU MRND

Arusha, 28 octobre 2008 (FH) - Joseph Nzirorera, un ancien politicien rwandais jugé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a été prié de réduire de 180 à 55 le nombre des témoins qu'il fera entendre à la Cour, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
1 min 48Temps de lecture approximatif

Secrétaire général, en 1994, du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), Nzirorera est jugé pour crimes de génocide et crimes contre l'humanité avec deux autres anciens dirigeants du parti dans un procès paralysé depuis plus de deux mois par la maladie de l'un d'eux.

Dans une décision datée de vendredi dernier et consultée mardi sur le site internet du tribunal, la chambre juge pléthorique le nombre des témoins annoncés par Me Peter Robinson, le conseil principal de Nzirorera. L'avocat américain a jusqu'au 7 novembre pour déposer sa nouvelle liste de témoins.

Les juges estiment qu'à la lecture des précisions fournies par l'avocat américain, la liste actuelle compte, dans plusieurs cas, trop de témoins pour un même fait. La chambre rappelle que le procureur à qui incombe le fardeau de la preuve n'a fait comparaître que 29 témoins.

La défense de Nzirorera peut faire appel de cette décision.

Me Robinson avait présenté le 8 septembre une liste de 227 témoins, expliquant que 180 seulement viendraient à la barre tandis que pour les autres, il déposerait au dossier leurs déclarations.

Nzirorera et ses deux co-accusés, les anciens président et vice-président du MRND, Mathieu Ngirumpatse et Edouard Karemera, sont notamment inculpés d'entente en vue de commettre le génocide.

Leur procès se trouve dans l'impasse depuis deux mois, en raison de l'état de santé de Ngirumpatse. Les débats auraient dû reprendre le 18 août après les vacances judiciaires, mais il n'y a pas eu d'audience proprement dite depuis lors.

Cette situation ajoute aux vicissitudes de ce procès qui avance lentement en dépit d'une série de mesures prises par la chambre. Cette affaire, connue sous l'appellation « Karemera et autres », a commencé en septembre 2005. Le procureur a clôturé son accusation le 25 janvier dernier. Une première procédure dans laquelle les trois leaders du MRND étaient poursuivis avec une autre personnalité avait été annulée après plus d'une année de procès.

ER/PB/GF

© Agence Hirondelle