13.01.09 - RWANDA/GACACA - PRISON A VIE POUR UN EX-CHEF REBELLE RECONNU COUPABLE DE GENOCIDE

Arusha, 13 janvier 2009 (FH) -Un ex-officier la rébellion des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a été condamné, le 18 décembre, à la prison à vie en isolement par un tribunal gacaca de l'est du pays, après avoir été reconnu coupable d'avoir joué un rôle dans le génocide de 1994, a-t-on appris mardi de source associative.
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Le général de brigade Séraphin Bizimungu alias Amani Mahoro a aussitôt interjeté appel et son recours sera entendu jeudi, a indiqué à l'agence Hirondelle un agent de la Ligue pour la promotion et la défense des droits de l'homme au Rwanda (LIPRODHOR) qui a préféré l'anonymat.

Le tribunal gacaca du secteur Nyagatare  (Province de l'Est) a conclu que l'accusé avait été impliqué, en février 1994, dans les massacres de Tutsis dans cette région où il était déployé, a précisé cette source jointe au téléphone à Kigali.
 
Alors que la communauté internationale considère que le génocide au Rwanda a commencé au lendemain de l'assassinat, le 6 avril 1994, du président Juvénal Habyarimana, les autorités rwandaises affirment, de leur côté, que les massacres de Tutsis antérieurs à cette date relèvent également du plan génocidaire. Ainsi la compétence temporelle des juridictions gacacas couvre la période du 1er octobre 1990 (date de déclenchement de la rébellion du FPR) au 31 décembre 1994.
 
Au moment des faits, Bizimungu était jeune officier de l'armée rwandaise alors aux prises avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) actuellement au pouvoir.
 
Originaire de l'ancienne préfecture de Gisenyi (nord), Séraphin Bizimungu (qui n'a aucun lien de parenté avec l'ancien président Pasteur Bizimungu), faisait partie du commandement militaire des FDLR, basées dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
 
Entré en dissidence, il était rentré au Rwanda en décembre 2005 avec plusieurs dizaines de combattants.
 
Intégré par la suite au sein de la nouvelle armée rwandaise, il travaillait depuis aux services de renseignements intérieurs.
 
Inspirées des anciennes assemblées villageoises lors desquelles les sages réglaient les différends, les gacacas (prononcer gatchatcha) sont chargées de juger la presque totalité des personnes soupçonnées d'avoir trempé dans le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994.
 
ER/GF
 
© Agence Hirondelle