Soudan du Sud: les dates-clés depuis l'indépendance

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Le Soudan du Sud, qui se remet péniblement de cinq ans de guerre civile après un accord de paix de 2018 socle d'un partage du pouvoir, a prolongé jeudi de deux ans la "période de transition" censée s'achever en février 2023.

Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique, des viols et des tortures, a fait près de 400.000 morts et déplacé quatre millions de personnes.

- Un nouvel État

Le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud proclame son indépendance du Soudan, six ans après la signature d'un accord de paix entre Khartoum et la rébellion sudiste qui a mis fin à deux décennies de conflit (deux millions de morts et quatre millions de déplacés).

Salva Kiir devient président.

De nombreux différends bilatéraux persistent sur le partage des revenus pétroliers, la démarcation de la frontière ou le statut de régions contestées.

- Guerre civile

Le 15 décembre 2013, d'intenses combats opposent des factions rivales de l'armée à Juba. Le président Kiir, un Dinka, annonce avoir déjoué une tentative de coup d'État par son ancien vice-président, de l'ethnie Nuer, Riek Machar, limogé en juillet.

Celui-ci nie toute tentative de putsch, puis appelle l'armée à renverser Salva Kiir, qu'il accuse de vouloir "allumer une guerre ethnique".

Les combats et massacres entre Dinka et Nuer s'étendent.

- Accord de paix

Le 17 août 2015, Machar signe à Addis Abeba un accord de paix prévoyant un cessez-le-feu et un partage du pouvoir. Le 26 août, Kiir paraphe l'accord avec de "sérieuses réserves".

Le 26 avril 2016, Machar prête serment à Juba comme vice-président. Le 29, Kiir forme son gouvernement de transition.

Mais en juillet, des combats reprennent dans la capitale entre partisans des deux dirigeants. Machar s'exile.

En 2017, une partie du pays connaît quatre mois de famine.

En décembre, accord entre gouvernement et principaux groupes rebelles sur un cessez-le-feu.

- Nouvel accord de paix

En septembre 2018, un nouvel accord de paix est signé, aboutissant à un gouvernement d'union en février 2020, avec le retour de Riek Machar comme vice-président.

Mais la violence armée se poursuit dans un pays regorgeant d'armes et déchiré par les rivalités inter-communautaires.

A plusieurs reprises, l'ONU prolonge la Minuss, sa mission de paix dans le pays, ainsi qu'un embargo sur les armes.

En juin 2020, Kiir et Machar concluent un accord sur le contrôle des dix Etats du pays, leur principale pomme de discorde.

- Nouveau Parlement

En avril 2021, l'ONU prévient qu'en raison de la lenteur des réformes et de l'application de l'accord de paix, le pays risque de retomber dans un nouveau "conflit de vaste ampleur".

Le 2 août, le nouveau Parlement prête serment, avec près d'un an de retard.

- Processus de paix retardé et menacé

Fin 2021, Amnesty International indique que les civils ont subi des "violences inimaginables" depuis le début de l'année, lors d'affrontements entre groupes armés pro-gouvernement et forces d'opposition, qui pourraient être assimilées à des "crimes de guerre".

En février 2022, l'ONU met en garde contre un "risque réel de retour au conflit", alors que des élections sont atendues en 2023. En mars, elle indique qu'au moins 440 civils ont été tués entre juin et septembre 2021 dans des affrontements entre factions pro-Machar et l'armée loyale à Kiir.

Le 4 avril, le président et le vice-président acceptent de former un commandement unifié des forces armées, disposition majeure de l'accord de paix qui restaient en suspens.

- Prolongation de la "période de transition"

Le 4 août, le gouvernement d'union nationale proroge de deux ans la "période de transition", qui s'étend désormais jusqu'en 2025.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège, la "troïka" qui a parrainé l'indépendance du pays en 2011, dénoncent une décision menée selon eux sans véritable consultation.