Le sort des principaux protagonistes des guerres en ex-Yougoslavie

Après la mort jeudi de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, rappel du sort des principaux protagonistes des conflits ayant déchiré l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

- Décédés -

- Ratko MLADIC, décédé jeudi, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie.

Son âge exact fait débat: il affirmait être né le 12 mars 1943, mais le tribunal de l'ONU à La Haye retient la date du 12 mars 1942.

Ce tribunal, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), a pris le relais du Tribunal Pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) après sa fermeture en 2017.

Le 9 juin 2021, il a définitivement condamné à perpétuité cet ex-général pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995.

Le "Boucher des Balkans" avait été arrêté en mai 2011 dans le nord de la Serbie, après presque seize ans de cavale.

- Slobodan MILOSEVIC, président de la Serbie de 1990 à 2000.

Décédé en 2006 à 64 ans dans le centre de détention du TPIY, où il était jugé pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

- Franjo TUDJMAN, président de la Croatie de 1990 à sa mort en 1999, à 77 ans.

Ce nationaliste a mené en 1991 son pays à l'indépendance, suivie d'un conflit déclenché par les Serbes de Croatie ayant fait environ 20.000 morts, majoritairement croates. Le TPIY avait fait savoir qu'il aurait été inculpé de crimes de guerre s'il avait été en vie.

- Zeljko RAZNATOVIC, alias ARKAN, chef du groupe paramilitaire serbe des "Tigres".

Inculpé en 1997 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour des faits commis en 1995 en Bosnie. L'acte d'accusation n'a été révélé qu'après sa mort à 47 ans, abattu en janvier 2000 à Belgrade.

- Slobodan PRALJAK, ancien commandant croate de Bosnie.

Il s'est suicidé à 72 ans en avalant du cyanure en pleine audience du TPIY, le 29 novembre 2017. Les juges venaient de confirmer sa condamnation à 20 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis contre des musulmans bosniaques.

- Condamnés -

- Radovan KARADZIC, 81 ans, ex-chef politique des Serbes de Bosnie.

Arrêté en 2008 après 13 ans de clandestinité, il a été condamné en 2019 en appel à la prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, notamment lors du siège de près de quatre ans de Sarajevo.

- Biljana PLAVSIC, 96 ans, vice-présidente puis présidente de la République des Serbes de Bosnie.

Seule femme jugée devant le TPIY, elle a été condamnée en 2003 à onze ans de prison pour crimes de guerre. Libérée en octobre 2009.

- Jovica STANISIC et Franko SIMATOVIC, 76 ans tous les deux, ex-chefs du renseignement de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic.

Ils sont condamnés le 31 mai 2023 en appel à 15 ans de prison chacun (contre 12 ans en 2021) pour crime de guerre et crimes contre l'humanité par le MTPI.

Le TPIY avait acquitté les deux hommes en 2013 mais avait ensuite ordonné un nouveau procès, estimant que les premiers juges s'étaient trompés sur divers points de droit.

- Vojislav SESELJ, 71 ans, dirigeant ultranationaliste serbe.

Acquitté en mars 2016 par le TPIY des accusations de nettoyage ethnique, il a été condamné à dix ans de prison en appel en avril 2018, pour crimes contre l'humanité. Il a été laissé libre, ayant déjà passé près de 12 ans en détention préventive.

- Acquitté -

- Ante GOTOVINA, 70 ans, ancien général croate.

Condamné en première instance à 24 ans de prison par le TPIY pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, il a été acquitté en appel en 2012.

- Verdict attendu -

- Hashim THACI, 58 ans, ancien chef politique de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et ex-président du Kosovo.

Le parquet a requis 45 ans de prison à son encontre lors de son procès achevé début 2026 à la Haye. Il était jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité lors du conflit contre les forces serbes (1998-1999). Le tribunal n'a pas encore annoncé son verdict.

Porté au pouvoir en 2016, il avait démissionné en novembre 2020 après son inculpation par les procureurs du Tribunal spécial pour le Kosovo (KSC).

Cette instance de droit kosovar composée de juges internationaux est chargée d'enquêter sur des crimes commis par l'UCK pendant et après le conflit, principalement à l'encontre de Serbes, de Roms et d'opposants kosovars à la guérilla indépendantiste.

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