22.10.10 - RWANDA/TPIR - KIGALI CONFIANT DE RECEVOIR CERTAINES AFFAIRES DU TPIR

Arusha, 22 octobre 2010 (FH) - Kigali est aujourd'hui confiant de se voir confier la tâche de juger certaines affaires du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), selon le procureur général du pays, Martin Ngoga.
1 min 53Temps de lecture approximatif

Les juges du TPIR ont pourtant déjà rejeté cinq requêtes du procureur général près le même tribunal, visant à renvoyer des accusés vers la justice rwandaise, en estimant que toutes les conditions d'un procès équitables n'étaient pas encore remplies.

« Nous sommes beaucoup mieux préparés que par le passé », a déclaré jeudi à la presse M.Ngoga, qui venait de s'entretenir du sujet avec le procureur en chef du TPIR, Hassan Bubacar Jallow. Ce dernier a déjà annoncé son intention de déposer de nouvelles requêtes du genre.

En rejetant les premières demandes de Jallow, les juges du TPIR avaient expliqué ne pas être rassurés par le système de protection des témoins au Rwanda et avaient émis des craintes que les accusés ne soient condamnés à la prison à vie dans l'isolement.

« Nous avons réglé toutes ces questions », a rassuré Ngoga, expliquant que son pays avait voté tous les amendements juridiques nécessaires et mis en place, avec l'assistance technique du TPIR, des mécanismes et des structures de protection des témoins.

Il a affirmé que l'immunité serait garantie aux équipes de défense dans le cadre de leur mission et qu'aucun témoin ne serait poursuivi pour le contenu de sa déposition.

« Je ne veux présumer de rien mais je n'ose pas croire que le TPIR qui nous a accompagnés dans cette préparation puisse encore dire que nous ne sommes pas prêts », a dit M.Ngoga.

Le procureur général du Rwanda a saisi l'occasion pour appeler la communauté internationale à dépasser le préjugé selon lequel les systèmes judiciaires africains ne peuvent pas juger des affaires du TPIR.

Il a relevé à ce sujet que la France n'avait pas avancé avec les deux dossiers qui lui ont été confiés fin 2007 : ceux de l'abbé Wenceslas Munyeshyaka et de l'ex-préfet de Gikongoro (sud), Laurent Bucyibaruta. « Ceci reste une affaire judiciaire, je ne tente pas de la politiser », a-t-il nuancé.

Ngoga a souligné la volonté de son pays et « l'énorme expérience » des tribunaux rwandais en matière de procès de génocide.

ER/GF

© Agence Hirondelle