13.12.10 - TPIR/DETENUS - « NOUS AVONS LE DEVOIR DE RENDRE LA DETENTION HUMAINE»

Arusha, 13 décembre 2010 (FH) - Le centre de détention du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a le devoir et l'obligation de donner à ses pensionnaires, condamnés ou détenus, des conditions de vie conformes aux droits de l'homme.
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« Le centre de détention du TPIR applique un régime pénitentiaire basé sur les normes internationalement reconnues. Nous avons le devoir de rendre la détention plus humaine »,  explique le Malien Saidou Guindo, responsable de la prison.

Créé en 1996, le centre pénitentiaire d'Arusha est le premier et unique centre de détention entièrement géré par des agents de l'ONU. Il est situé à l'intérieur de la prison tanzanienne d'Arusha. A l'entrée, le portail est gardé par des policiers aux couleurs onusiennes et tanzaniennes. Près d'une cinquantaine de mètres plus loin, un autre portail. Haute muraille en béton surmontée de fils barbelés.

A l'intérieur, le décor change : l'univers semble confortable, propre. Les pensionnaires ont, eux-mêmes, tous les jours, à la même heure, le devoir de curer leurs cellules et les jardins attenants. Chaque cellule est pourvue d'un lit, d'un matelas, d'une table et d'un cabinet de toilettes avec douche et eau chaude. Sur une table, une vingtaine d'objets nécessaires au quotidien, du savon au dentifrice.

Au total, le centre compte près de 80 cellules réparties en 18 quartiers dont celui, isolé, de la seule femme pensionnaire, l'ancienne ministre de la Famille Pauline Nyiramasuhuko, qui attend son jugement.

Tout a été prévu : une aire de bureaux pour les contacts avec les avocats, des bureaux pour les visites familiales, une mosquée de fortune, un réfectoire utilisé comme lieu de culte les dimanches, et une infirmerie.

L'emploi du temps des pensionnaires va de 6h30 à 20h30. Du réveil au coucher, ceux-ci enchainent les exercices physiques (le basket-ball, un mini-foot), la bibliothèque, les cours d'anglais... Ils ont droit à trois repas par jour. Le centre offre à sa population carcérale des chaînes de télévisions internationales, chaque pensionnaire pouvant disposer de son propre téléviseur.

Depuis mai 2009, les pensionnaires du TPIR, détenus ou condamnés, ont droit à des visites conjugales, précise M. Guindo. A l'annonce de cette nouvelle disposition, Ie Rwanda avait crié au scandale. « C'est le détenu qui est puni et non le conjoint ou la conjointe », réagit M. Guindo, rappelant là un « droit fondamental » des détenus.

Le centre héberge à ce jour 36 pensionnaires, dont des condamnés, des accusés encore en jugement et deux en attente de comparaître. Le TPIR ne communique pas le coût annuel  de son centre de détention.

D'autres condamnés du TPIR sont emprisonnés au Mali ou au Bénin.

SRE/ER/GF

 © Agence Hirondelle