01.02.11 - CPI/UA - L'UNION AFRICAINE S'EN PREND AU PROCUREUR DE LA CPI

La Haye, 1er février 2011 (FH) - L'Union africaine (UA) a une nouvelle fois rejeté, provisoirement, le projet d'ouverture d'un bureau de la Cour pénale internationale (CPI) dans la capitale éthiopienne, à l'occasion de son sommet organisé les 29 et 30 janvier à Addis-Abeba,
2 min 15Temps de lecture approximatif

La CPI souhaite, depuis plusieurs années, passer un accord de coopération avec l'organisation continentale et ouvrir un bureau en Ethiopie pour établir « des partenariats stratégiques durables avec tous ces acteurs à Addis-Abeba », afin de renforcer « la relation entre la Cour et l'UA », écrit le greffe dans un rapport. La Cour dispose déjà d'un accord similaire avec les Nations unies, à New York, qui lui permet de faire du lobbying auprès des Etats membres et défendre les intérêts de la Cour dans les négociations politiques.

L'Assemblée des Etats parties au traité de Rome, qui établit le statut de la Cour, a adopté pour l'année 2011 un budget de 420 900 euros pour la mise en place de ce bureau. Mais le projet est toujours en suspens, bien que trente-et-un Etats africains aient ratifié le traité de la CPI.

Les cinq enquêtes ouvertes par le procureur depuis 2002 (République démocratique du Congo, Ouganda, Darfour, Centrafrique et Kenya) concernent toutes des crimes commis en territoire africain. Cependant, l'émission de deux mandats d'arrêt pour génocide et crimes contre l'humanité contre le président soudanais Omar Al-Bachir, en mars 2009 et juillet 2010, a suscité une grande méfiance du personnel politique africain à l'égard de la Cour.

Comme elle l'avait fait pour le Darfour en 2009, l'Union africaine a décidé, lors de ce sommet, de demander au Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre les poursuites engagées par la CPI au Kenya contre six personnes, dont plusieurs ministres, suspectées de crimes contre l'humanité commis lors des violences qui avaient suivi l'élection présidentielle de décembre 2007. Mais New York ne peut suspendre des procédures que si elles présentent une menace « pour la paix et la sécurité internationale ». Dans le cas du Darfour, la demande de l'UA n'avait rencontré aucun succès à l'ONU.   

En juillet 2010, lors du précédent sommet de l'organisation, l'UA affirmait « que les Etats de l'Union africaine ne collaboreront pas avec la CPI dans son intention d'arrêter et de livrer le président Omar Al-Bachir » et demandait « aux Etats membres de trouver un juste équilibre entre leurs obligations vis-à-vis de l'UA et de la CPI ».

Elle reprochait aussi au procureur, Luis Moreno Ocampo, ses déclarations  « grossières et condescendantes en ce qui concerne le président Omar Al-Bachir du Soudan et dans d'autres situations en Afrique ». Le procureur avait notamment comparé le régime d'Omar Al-Bachir à celui d'Hitler. Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a réitéré, dimanche, les attaques contre le procureur. Nous « ne sommes pas contre la CPI, a-t-il déclaré, nous sommes contre Ocampo, qui rend une justice avec parti pris ».

SM/ ER/GF

© Agence Hirondelle