03.02.11 - RWANDA/USA - UNE ONG AMERICAINE CELEBRE CINQUANTE ANS DE PRESENCE AU RWANDA

Kigali, 03 février 2011 (FH) - Catholic relief services (CRS), l'agence humanitaire internationale de la communauté catholique des Etats-Unis, célèbre cette année ses 50 ans de présence au Rwanda, avec une pensée spéciale aux personnes tuées pendant le génocide des Tutsis de 1994 et aux survivants.
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« Durant la tragédie et la tourmente du génocide 1994, nous étions avec vous. Beaucoup de membres de notre personnel ont perdu des membres de famille et des amis. Cette expérience nous a profondément affectés... Cela nous a bouleversé les cœurs », s'est souvenu Ken Hackett, président de l'ONG, dans son message à l'occasion de ce cinquantenaire.

« C'était un moment de détresse pour le CRS. Cela nous a conduits à nous demander si nous avions fait tout ce qui était en notre pouvoir pour prévenir la violence, que nous aurions pu avoir fait plus », ajoute le message.

En écho, une inscription à l'entrée des bureaux du CRS, à Kigali, accroche le regard. « Nous sommes déterminés à poursuivre la justice et à bâtir la paix  parmi les Rwandais ».

L'organisation s'est effet dotée d'un volet « Justice et paix » coordonné par Joseph Muyango. Dans le but, selon lui, de rendre l'espoir aux survivants mais aussi briser l'isolement des familles des bourreaux, combattre le silence complice pour aider à la manifestation de la vérité. Pour ce responsable rwandais, l'assistance matérielle ne suffisait pas au lendemain du génocide. « L'accompagnement psycho-social des victimes traumatisées et la sensibilisation à la justice gacaca s'imposaient aussi », explique-t-il.

Les tribunaux populaires gacacas inspirés de la tradition rwandaise et qui ont presque terminé leurs travaux sont chargés de juger les auteurs présumés du génocide des Tutsis exception faite des « planificateurs aux niveaux national et préfectoral » ainsi que des auteurs de viols relevant de la justice classique.

Le CRS-Rwanda s'est donc, selon lui, investi dans « l'éducation des victimes et bourreaux aux valeurs positives de vérité, de paix, de repentance et de pardon » qui sous-tendent la philosophie des gacacas (prononcer gatchatcha).

« C'est dans cet esprit que nous avons promu, aux fins de faire renaître la solidarité et contribuer à la réconciliation,  plusieurs associations de production entre veuves du génocide et femmes ayant des maris emprisonnés pour génocide», indique Muyango qui se réjouit des résultats de ce projet dont les débuts furent extrêmement difficiles.

« Durant les procès, notre service assurait un accompagnement physique et financier pour briser l'isolement des victimes et des bourreaux ou leurs familles et les encourager ainsi à coopérer avec la justice », souligne-t-il.

SRE-ER/GF

© Agence Hirondelle