13.07.11 - TPIR/NGIRABATWARE - « UN PETIT SOLDAT » A LA RESCOUSSE DE L’EX-MINISTRE DU PLAN

Arusha, 13 juillet 2011 (FH) - Un ancien membre de l’armée rwandaise, qui s’est présenté comme « un petit soldat », a défendu mercredi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), l’ancien ministre du Plan Augustin Ngirabatware poursuivi pour son rôle présumé dans le génocide des Tutsis de 1994.
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Selon des témoignages à charge, ce militaire aurait aidé le ministre à décharger , à la mi-mai 1994, trois cargaisons
de « machettes du génocide » destinées aux miliciens Interahamwe du secteur Rushibi, dans la commune
Nyamyumba (préfecture de Gisenyi, nord) dont l’accusé est originaire.

« C’est un mensonge. Cela n’a jamais eu lieu. Mon rang ne me permettait même pas d’adresser la parole à une
personnalité comme Ngirabatware. Je n’étais qu’un petit soldat », a contesté l’ancien militaire désigné, pour son
témoignage, par le nom de code DWAN-4.

Le témoin a par ailleurs affirmé qu’il se trouvait au front, très loin de la commune Nyamyumba, durant toute la période
d’avril à juillet 1994. « A l’époque, je me trouvais au front. Si quelqu’un disait que j’ai déchargé des armes au front,
cela pourrait avoir un sens. Mais dire que j’ai déchargé des armes ailleurs, cela est un mensonge », a insisté le
témoin qui déposait en langue rwandaise.

Des témoins de l’accusation ont par ailleurs allégué que DWAN-4 avait assisté, entre avril et juillet 1994, dans la
commune Nyamyumba, à une réunion publique au cours de laquelle Ngirabatware aurait appelé à la chasse à toute
personne d’ethnie tutsie.

« Je n’ai pas vu Ngirabatware une seule fois durant cette période. La dernière fois que je l’ai vu, c’est en janvier
1993, aux funérailles de son père », a protesté « le petit soldat ».

Poursuivi pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité, l’ex-ministre est notamment accusé d’avoir incité aux
massacres des Tutsis dans sa commune natale, à travers des discours incendiaires.

Le contre interrogatoire du témoin a débuté après-midi, à huis clos.

Le procès, qui se poursuit jeudi, a démarré le 22 septembre 2009 et le procureur a bouclé son accusation le 31 août
2010 après avoir cité une vingtaine de témoins.

Docteur en économie de l’Université de Fribourg, en Suisse, Ngirabatware fut, dans son pays, enseignant à
l'Université Nationale du Rwanda (1986-1994), puis ministre du Plan (1990-1994).
Durant son exil à partir de juillet 1994, il a travaillé dans différents instituts de recherche au Gabon et en France.

Arrêté en Allemagne le 17 septembre 2007, il se trouve entre les mains du TPIR depuis le 08 octobre 2008.

L’ex-ministre est gendre de Félicien Kabuga, le fugitif le plus recherché par le TPIR.

FK/ER/GF

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