TEMOINS CONGOLAIS DE LA CPI A LA RECHERCHE D’ASILEle au Pays Bas

Quatre congolais sont actuellement détenus dans la prison de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas. Les quatre hommes étaient venus témoigner devant la Cour, à la demande des avocats de Germain Katanga et de Thomas Lubanga. Pierre Mbodina, Floribert Njabu, Charif Banda et le quatrième, dont le nom est confidentiel, ont ensuite déposé une demande d’asile devant les tribunaux des Pays-Bas. La décision sur ces demandes d’asile doit être rendue d’ici le 28 juin 2012. Stéphanie Maupas, la correspondante de Hirondelle News à la Haye, fait le point pour Radio Okapi...

1 min 32Temps de lecture approximatif

{podcast Témoins Congolais de la CPI à la recherche d’asile au Pays Bas }

Outre Katanga, Ngudjolo, Bemba, Gbagbo, la prison de la Cour pénale internationale accueille, depuis près d’un an, d’autres détenus au statut un peu particulier.

Quatre témoins ont déposé une demande d’asile devant les tribunaux des Pays Bas. Ils estiment que leur sécurité n’est pas assurée dans la prison de Kinshasa où ils étaient incarcérés sans procès depuis plusieurs années. Une sécurité d’autant plus fragile, disent-ils, que lors de leur déposition devant les juges de la CPI, ils ont pointé la responsabilité de Kinshasa dans les crimes commis à l’est du pays.

Ce feuilleton judiciaire agite la Cour depuis plusieurs mois. Le procureur a demandé le renvoi immédiat des quatre hommes en RDC, craignant d’entraver la coopération avec Kinshasa. L’Etat néerlandais a demandé que le cas soit débattu par les 120 Etats membres de la Cour, car il refuse de se voir infligé de telles responsabilités au motif que la Cour est installée sur son sol. Peine perdue. Les juges de la CPI ont décidé que les détenus seront renvoyés à Kinshasa, mais seulement une fois épuisées les procédures d’asile. En décembre, un juge néerlandais, s’opposant aux autorités des Pays Bas, a estimé que ces demandes d’asile devaient être étudiées.

Dès lors, les détenus estiment que leur statut n’est pas clair. Sont-ils incarcérés sous l’autorité des Pays-Bas, ou sous celle de la Cour pénale internationale ? Le feuilleton judiciaire continue. Pour l’instant, les juges de la Cour n’ont pas encore tranché ce dernier point.

A La Haye, Stéphanie Maupas, Hirondelle News pour Radio Okapi.