07.02.12 - TPIR/NZABONIMANA/NIZEYIMANA - JUGEMENT EN MARS POUR UN EX-MINISTRE ET UN CAPITAINE

Arusha, 7 février 2012 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) devrait rendre ses jugements en mars dans les procès de l'ex-ministre de la Jeunesse Callixte Nzabonimana et du capitaine Ildephonse Nizeyimana, apprend-on  mardi.

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« Dans les affaires Nizeyimana et Nzabonimana, toutes deux en phase de rédaction de jugement, les jugements de première instance sont attendus vers la fin du mois de mars », a annoncé la présidente du TPIR, Khalida Rachid Khan, dans un discours prononcé vendredi  lors d'une réunion du personnel  et dont l'agence Hirondelle a obtenu copie lundi.

Quant à l'ex-ministre du Plan Augustin Ngirabatware qui est sur le point de boucler sa défense, il sera fixé sur son sort autour du 30 juin, selon les prévisions de la juge Khan.

Géologue de formation, Callixte Nzabonimana est poursuivi pour crimes de génocide et crimes contre l'humanité. Il est accusé d'avoir été le principal instigateur des massacres de Tutsis dans sa préfecture d'origine Gitarama (centre), en particulier, dans sa commune natale Nyabikenke.

Le 20 octobre 2011, Paul Ng'arua du bureau du procureur, a requis la prison à vie « pour chacun des chefs d'accusation » portés contre cet ancien dirigeant qui était membre du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), le parti de feu le président Juvénal Habyarimana.

Le lendemain, Maître Philippe Larochelle, l'un des défenseurs de l'ex-ministre a plaidé l'acquittement, en soutenant que certaines dépositions à charge avaient été concoctées dans les prisons rwandaises, dans le seul but de salir des personnalités qui étaient en vue pendant le génocide.

Nzabonimana a été arrêté en Tanzanie le 18 février 2008 et son procès s'est ouvert le 9 novembre 2009.

Le capitaine Nizeyimana est pour sa part inculpé de crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Le 7 décembre dernier, le procureur Drew White a requis la peine maximale contre l'officier qui était basé, en 1994, à l'Ecole des sous-officiers (ESO) à Butare.

Le procureur soutient qu'il était le commandant en second de l'ESO et qu'en cette qualité, il a ordonné aux étudiants de cette école de tuer les Tutsis de la ville, notamment la reine Rosalie Gicanda, veuve de l'avant-dernier monarque du Rwanda, Charles Léon Pierre Mutara III Rudahigwa. Cette reine, alors dans la force de l'âge, était une figure hautement symbolique pour les Tutsis.

Pour sa part, l'avocat principal de la défense, John Philpot, a nié que le capitaine ait jamais exercé les fonctions de commandant en second de l'ESO. L'avocat a demandé aux juges de rendre le capitaine à sa famille.

Nizeyimana a été arrêté le 5 octobre 2009 à Kampala, en Ouganda, et transféré le lendemain au centre de détention du TPIR à Arusha (Tanzanie).

Son procès a démarré le 17 janvier 2011.

ER/GF

© Agence Hirondelle