Condamné en première instance pour "apologie du terrorisme", un responsable CGT relaxé en appel

Un responsable CGT du Nord, condamné en 2024 à une peine avec sursis pour "apologie du terrorisme" pour un tract de soutien aux Palestiniens peu après l'attaque du 7 octobre 2023 du Hamas contre Israël, a été relaxé lundi en appel.

Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de l'union départementale CGT du Nord, avait été condamné en première instance à un an de prison avec sursis pour apologie publique d'un acte de terrorisme.

En tant que responsable de la publication du site internet de la CGT du Nord, le syndicaliste était tenu responsable de la diffusion d'un tract le 10 octobre 2023, trois jours après l'attaque sanglante du Hamas contre Israël.

Un passage de ce document avait été particulièrement mis en cause: "Les horreurs de l'occupation illégale (israélienne, NDLR) se sont accumulées. Depuis samedi (7 octobre 2023, NDLR) elles reçoivent les réponses qu'elles ont provoquées".

Retiré du site internet, ce tract avait été remplacé par une version confédérale corrigée trois jours plus tard.

La cour d'appel de Douai a finalement estimé que cette publication s'inscrivait "dans le traditionnel soutien du syndicat CGT au peuple palestinien dans sa lutte contre l'Etat d'Israël" et que si ce message ne condamnait "pas explicitement les actes terroristes", il ne tenait pas non plus de propos valorisant ces derniers.

"Ce tract s'inscrit dans un débat d'intérêt général" et le texte dans sa globalité comprenait "un message de soutien pour le peuple palestinien, une pensée pour la jeunesse israélienne et une volonté de faire respecter le droit international sans pour autant ni justifier ni glorifier les actes terroristes du 7 octobre", a relevé la cour.

L'avocat de M. Delescaut, Me Arié Alimi, a dénoncé auprès de l'AFP "l'instrumentalisation politique de l'apologie du terrorisme et de l'antisémitisme par l'OJE (L'Organisation juive européenne, NDLR) et le préfet pour disqualifier la CGT".

"La place des militants politiques et syndicaux en lutte n'est pas au tribunal!", a réagi sur X le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

"Oui, on peut expliquer la situation en Palestine sur des tracts, on peut condamner les crimes de guerre de Netanyahu et on peut lutter pour la justice et la paix. C'est même notre devoir", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, la CGT du Nord a quant à elle insisté sur le rôle du syndicat "engagé pour la paix des peuples et opposé à toute forme de violence", ajoutant que "plus jamais, le débat politique et judiciaire français ne devra faire l'objet d'une instrumentalisation de sujets aussi intimes et sensibles".

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