Soudan du Sud: l'armée ordonne à l'ONU et aux ONG de se "retirer immédiatement" d'une zone contrôlée par l'opposition

L'armée sud-soudanaise a ordonné vendredi aux forces de la mission onusienne au Soudan du Sud (Minuss) et aux ONG présentes dans une zone tenue par l'opposition de "se retirer immédiatement" en amont "d'offensives militaires".

Ce pays de plus en plus instable connaît une recrudescence des combats entre forces gouvernementales et d'opposition, principalement dans l'État du Jonglei (centre-est).

Au moins 280.000 personnes y ont été déplacées depuis décembre, selon l'ONU.

La ville d'Akobo, dans l'est du Jonglei, tenue par les forces d'opposition, abrite une force de maintien de la paix de la Minuss d'environ 100 personnes. Elle dispose également d'un hôpital soutenu par des ONG, dont le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), où les blessés affluent.

Dans un bref communiqué, le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, Lul Ruai Koang, a indiqué que la ville et les zones environnantes étaient "les prochaines cibles d'(...) offensives militaires".

En conséquence, a-t-il fait savoir, l'armée "ordonne la fermeture et le retrait immédiat des forces de la Minuss de leur base opérationnelle temporaire dans la ville d'Akobo sous 72 heures".

"Les agences onusiennes, les ONG et leur personnel sont sommés de partir dans le même délai", a-t-il annoncé, exigeant des civils qu'ils partent "dans des régions sous contrôle de l'armée" ou dans des zones qu'ils estiment plus sûres.

Ces ordres visent "à éviter des dommages collatéraux inutiles", a expliqué le porte-parole militaire.

Contactée par l'AFP, la Minuss, via sa porte-parole Priyanka Chowdhury, a dit avoir "pris note" des demandes de l'armée sud-soudanaise. "La mission demande des éclaircissements aux autorités compétentes", a-t-elle ajouté.

En janvier, l'armée avait émis un ordre similaire pour d'autres parties de l'État du Jonglei, alors qu'elle cherchait à repousser une offensive menée par des milices soutenant l'opposition politique.

L'armée a annoncé mercredi à l'AFP que des soldats accusés d'avoir tué au moins 21 civils en février dans le Jonglei avaient été arrêtés et seraient traduits devant une cour martiale.

Les affrontements gagnent en intensité entre des factions alliées au vice-président Riek Machar, placé depuis près d'un an en résidence surveillée et inculpé de "crimes contre l'humanité", et l'armée loyale au président Salva Kiir.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Volker Türk a appelé fin février à une "action urgente" au Soudan du Sud, menacé selon lui par une "guerre civile généralisée".

Le pays avait connu une guerre civile sanglante entre 2013 et 2018, qui opposait déjà les forces de MM. Kiir et Machar. Elle a fait plus de 400.000 morts.

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