Le ministère soudanais des Affaires étrangères a exhorté mardi les Etats-Unis à désigner les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis près de trois ans contre l'armée, comme "organisation terroriste."
Cette demande intervient au lendemain de la désignation par Washington des Frères musulmans au Soudan - accusés par les FSR de soutenir le gouvernement - comme "organisation terroriste".
"Le gouvernement du Soudan a suivi la décision du gouvernement américain de classer la confrérie des Frères musulmans au Soudan comme organisation terroriste", a indiqué le bureau de la diplomatie soudanaise dans un communiqué.
L'annonce de Washington, qui accuse notamment l'Iran de soutenir les Frères musulmans au Soudan, entrera en vigueur le 16 mars.
Depuis avril 2023, une guerre oppose le commandant de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, à son ancien bras droit, le général Mohamed Daglo, chef des FSR.
Le général al-Burhane entretient une relation complexe avec ses soutiens islamistes, armés et influents, sur lesquels il s'appuie pour des fins politiques et militaires, tout en subissant des pressions exercées par les Etats-Unis et ses alliés égyptien et saoudien pour s'en écarter.
Il a par le passé nié la présence de Frères musulmans dans les rangs de son gouvernement.
Le communiqué publié mardi s'est abstenu de critiquer la qualification du groupe mais a déclaré que "tous les groupes qui violent le droit international humanitaire et commettent des actes de terrorisme, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre au Soudan devraient être désignés comme organisations terroristes."
Dans cette logique, le Soudan exhorte Washington à catégoriser les FSR "comme organisation terroriste, en raison des crimes avérés et des violations documentées qu'elle ne cesse de commettre à l'encontre du droit international humanitaire, ainsi que de la perpétration de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, de crimes de génocide et d'actes de terrorisme", selon le communiqué.
Les FSR ont été largement accusées de crimes de masse. En février, la mission indépendante d'établissement des faits de l'ONU sur le Soudan leur a imputé des "actes de génocide" au Darfour, dans l'ouest du pays.
En 2025, les États-Unis avaient également accusé les FSR de "génocide" dans cette région.
Les FSR ont présenté à plusieurs reprises la guerre en cours comme un combat contre les islamistes soudanais et les vestiges du régime de l'autocrate islamiste Omar el-Béchir, renversé en 2019 notamment par une alliance entre les généraux Daglo et al-Burhane.
Les Émirats arabes unis - qui ont toujours nié soutenir les FSR malgré les preuves alignées par des rapports internationaux et des enquêtes indépendantes - ont présenté la guerre sous le même angle et salué lundi la décision américaine.

