L'armée ougandaise prétend avoir "sauvé des vies" au Soudan du Sud, l'ONU affirme le contraire

L'armée ougandaise a affirmé mardi avoir "sauvé des vies" au Soudan du Sud, en réaction à un rapport onusien paru fin février, qui souligne qu'elle a aidé les militaires sud-soudanais à bombarder des zones peuplées de civils.

Kampala a déployé certaines de ses troupes il y a un an pour soutenir le président sud-soudanais Salva Kiir alors que des violences agitaient le pays, notamment dans le Nord-Est. Son armée avait déjà été accusée des mêmes faits en mars 2025.

Fin février, un rapport de la Commission onusienne des droits humains au Soudan du Sud a à nouveau reproché aux forces ougandaises et sud-soudanaises d'avoir "visé des endroits peuplées de civils", issus "principalement des communautés nuer dans des zones affiliées à l'opposition".

Ce rapport, qui recense les différents moyens aériens des deux armées, pointe un "haut degré de planification (et) d'intégration opérationnelle", qui a abouti à des "bombardements indiscriminés" de civils.

Dans un communiqué publié mardi, l'armée ougandaise (UPDF) a critiqué ce "rapport non exhaustif" de l'ONU.

Les militaires ougandais n'ont "jamais visé de civils en 45 années d'histoire", ce qui fait qu'ils sont "extrêmement populaires auprès des populations" où ils opèrent, poursuit ce texte intitulé : "La mission de l'Ouganda au Soudan du Sud est légitime et a sauvé des vies".

"Les populations du Soudan du Sud se réjouissent des opérations de l'UPDF dans le pays", se félicite encore Kampala.

L'armée ougandaise avait déjà démenti en mars dernier avoir utilisé des armes chimiques au Soudan du Sud, quelques jours après que l'ONU avait mentionné des bombardements de barils d'explosifs contentant un liquide "hautement inflammable" dans le pays.

Des médias et réseaux sociaux avaient suggéré la responsabilité des troupes ougandaises dans le largage d'armes chimiques, notamment dans le Nord-Est, où se déroulaient des combats entre les forces fédérales loyales au président Salva Kiir et une "Armée blanche", milice accusée par le pouvoir de collaborer avec le premier vice-président Riek Machar.

Celui-ci a ensuite été arrêté puis placé en résidence surveillée, avant d'être inculpé de "crimes contre l'humanité", faisant planer le spectre d'une nouvelle guerre civile, après celle ayant opposé les forces de MM. Kiir et Machar entre 2013 et 2018, tuant plus de 400.000 personnes.

Le niveau de violence s'est fortement accentué ces derniers mois dans certaines parties du Soudan du Sud, notamment dans le Jonglei (Centre-Est), où au moins 280.000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU.

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