La guerre au Moyen-Orient risque d'entraîner une aggravation de la répression institutionnalisée à l'encontre des citoyens iraniens, ont estimé mercredi des enquêteurs mandatés par l'ONU pour examiner les violations des droits humains en Iran.
"La situation des droits humains en Iran a été considérablement aggravée par les frappes aériennes américano-israéliennes", constate la Mission internationale indépendante d'établissement des faits des Nations Unies sur l'Iran (MIIFIA) dans un rapport.
La MIIFIA fait valoir que les civils iraniens sont pris en étau entre les hostilités armées en cours et une répression d'une ampleur sans précédent, susceptible de constituer des crimes contre l'humanité.
La crise des droits humains qui s'aggrave en Iran "risque de s'intensifier suite aux attaques américano-israéliennes contre le pays et aux frappes de représailles iraniennes dans la région", souligne la mission dans un communiqué.
"La protection des civils, y compris des détenus, devient extrêmement précaire en période de conflit armé, et la répression d'Etat s'intensifie par la suite, notamment lorsque, comme c'est le cas actuellement, une coupure des communications et d'internet est imposée", souligne l'enquête.
Cette mission de trois personnes est chargée de recueillir et de préserver les preuves de violations des droits humains en Iran.
Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a créé cette mission d'enquête de haut niveau en novembre 2022, suite à la répression sanglante des grandes manifestations déclenchées par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour avoir prétendûment enfreint le strict code vestimentaire imposé aux femmes.
Les Etats-Unis et Israël ont lancé une première vague d'attaques contre l'Iran dans un conflit qui a vu en représaille la République islamique frapper des cibles dans plusieurs pays du Moyen-Orient.

