Madrid déplore des "insultes" des autorités israéliennes pour expliquer le rappel définitif de son ambassadrice

Justifiant sa décision de mettre un terme aux fonctions de l'ambassadrice d'Espagne en Israël, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a notamment déploré "les insultes et les calomnies" des autorités israéliennes visant son pays.

"Il est devenu évident que la bonne volonté de l'Espagne pour maintenir des relations cordiales n'a pas été réciproque, ni sur le plan diplomatique, à travers un renforcement de la représentation israélienne en Espagne, ni par une retenue dans les insultes et calomnies visant le peuple espagnol", a déclaré sur la télévision publique RTVE José Manuel Albares.

"La semaine dernière, de graves injures et calomnies ont de nouveau été proférées par des membres du gouvernement israélien à l'encontre du gouvernement espagnol", a-t-il ajouté.

"En conséquence, conserver une ambassadrice qui a été rappelée pour consultations il y a six mois n'avait plus aucun sens". La diplomate Ana Maria Salomon Perez, qui avait été rappelée de Tel-Aviv en septembre après des échanges houleux entre les deux pays suivant l'annonce de mesures du gouvernement espagnol pour mettre fin au "génocide" à Gaza, a été officiellement relevée de ses fonctions mardi.

La représentation diplomatique de l'Espagne en Israël est désormais assurée par son chargé d'affaires, un fonctionnaire de rang inférieur.

De son côté, Israël avait rappelé son ambassadrice à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis également représentée par un chargé d'affaires.

Espagne et Israël sont à couteaux tirés depuis des années.

Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, l'un des critiques les plus virulents de la guerre menée par Israël à Gaza, s'est également opposé à la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran lancée le 28 février.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a accusé le gouvernement espagnol de "se ranger du côté des tyrans" en s'opposant aux frappes visant l'Iran.

Il avait déjà accusé l'Espagne d'être "complice de l'incitation au génocide contre les Juifs et aux crimes de guerre" lorsque le pays avait reconnu l'Etat de Palestine.

L'Espagne n'a établi des relations diplomatiques avec Israël qu'en 1986, après la mort en 1975 du dictateur Franco, qui n'avait jamais reconnu le pays et entretenait des liens diplomatiques plus étroits avec les États arabes.

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