Une Libérienne accusée d'être impliquée dans la première guerre civile des années 1990 dans son pays au côté de Charles Taylor a été renvoyée jeudi devant une cour d'assises en Belgique pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité".
Ce renvoi en procès de Martina Johnson, annoncé par l'ONG suisse Civitas Maxima, qui oeuvre pour traduire en justice les auteurs de crimes internationaux, a été confirmé à l'AFP par le parquet fédéral belge.
Martina Johnson est une ancienne commandante des forces du Front national patriotique du Liberia (NPFL), auquel la justice reproche d'avoir commis des atrocités pour mener à la prise de pouvoir de Charles Taylor, chef de ce groupe armé et qui fut président du Liberia entre 1997 et 2003.
Elle avait été arrêtée près de Gand, en Belgique, en septembre 2014, dans le cadre d'une enquête ouverte en 2012 après la plainte de l'avocat belge Luc Walleyn au nom de trois victimes libériennes.
Les crimes et actes de persécution qui lui sont reprochés concernent la période "1990-1999" selon le parquet fédéral, qui n'a pas détaillé son accusation.
Ces années correspondent à la première des deux guerres civiles qu'a connues le Liberia entre 1989 et 2003 et qui ont fait environ 250.000 morts.
Selon l'ONG Civitas Maxima, à l'issue de l'instruction, l'accusation reproche à Martina Johnson d'"avoir participé directement à des persécutions et à des massacres commis à la fin de l'année 1992, lors de l'Opération Octopus, une offensive militaire tristement célèbre menée contre la capitale du Liberia", Monrovia.
Désormais "les parties attendent la confirmation de la date du procès", a ajouté l'ONG établie à Genève.
L'organisation a qualifié la décision de jeudi d'"avancée cruciale dans la longue quête de justice des victimes", "14 ans après l'ouverture de l'enquête et 34 ans après l'opération Octopus".
Jeudi, la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Gand a tranché sur le renvoi en cour d'assises en suivant les réquisitions du parquet fédéral.
Charles Taylor lui-même, âgé de 78 ans, a été condamné à 50 ans de prison pour des crimes contre l'humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine, et purge sa peine au Royaume-Uni. Mais il n'a pas été inquiété pour ses agissements au Liberia.

