Des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche dans le centre de Londres en soutien aux Palestiniens, après l'interdiction de leur défilé par la police qui a accusé les organisateurs de soutenir le régime iranien.
C'est la première fois depuis 2012 qu'un défilé était interdit à Londres, selon la police, qui craignait des violences, sur fond de guerre au Moyen-Orient.
Un rassemblement "statique", sous "strictes conditions", a cependant été autorisé par la police.
La manifestation a eu lieu dans le cadre de l'"Al Quds day", "Journée pour Jérusalem", lancée en Iran en 1979 en soutien au peuple palestinien. Elle est célébrée chaque année dans divers pays, notamment dans le monde musulman.
"Halte aux crimes de guerre israéliens", "Libérez la Palestine", "Non à l'occupation israélienne", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants.
D'autres avaient des photos de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien tué dans les premières frappes américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février. Ou encore de son fils, Mojtaba, le nouveau guide suprême.
"Ce qui arrive aux Palestiniens est tout à fait injuste", a dit à l'AFP Jean Apps, une retraitée de 81 ans originaire de Purley, au sud de Londres.
"Si je suis ici aujourd'hui, c'est aussi à cause des attaques illégales contre l'Iran. Je sais que l'Iran n'est pas parfait, mais il faut laisser le peuple iranien régler ses propres problèmes", a-t-elle ajouté.
Les contre-manifestants se sont rassemblés de l'autre côté de la Tamise, brandissant des drapeaux américains et israéliens.
"Make Iran great again" ("Redonnons sa grandeur à l'Iran"), indiquait une pancarte, inspirée du mouvement MAGA aux Etats-Unis.
"Nous demandons aux États-Unis et à Israël de nous aider à éliminer le CGRI", les Gardiens de la Révolution islamique, a dit Shiva, une Iranienne de 37 ans vivant à Londres.
"Ils se moquent du peuple, ils ne font que nous tuer. C'est un régime cruel", a ajouté cette cheffe cuisinière.
La police de Londres a indiqué sur X avoir arrêté trois personnes, pendant le rassemblement, "une pour avoir manifesté son soutien à une organisation interdite, une pour conduite dangereuse et une troisième pour comportement menaçant et injurieux", sans donner plus de précision.

