Douze personnes ont été interpellées dimanche lors d'une manifestation propalestinienne, dans le centre de Londres, a annoncé la police, qui enquête sur les propos d'un orateur, membre d'un groupe de rap selon l'agence PA.
Des centaines de personnes se sont rassemblées malgré l'interdiction de défiler par la police, qui a accusé les organisateurs de soutenir le régime iranien. Un rassemblement "statique", sous "strictes conditions", a été autorisé.
La police de Londres a précisé avoir arrêté douze personnes "notamment pour soutien à une organisation interdite".
"Nous menons également une enquête sur des slogans scandés par un orateur lors de la manifestation", a ajouté la police.
Selon l'agence britannique PA, il s'agit d'un membre du groupe de rap Bob Vylan, dont les propos contre l'armée israélienne sur scène au célèbre festival de Glastonbury l'été dernier avaient déjà fait polémique.
Des vidéos montrent des manifestants reprendre son slogan "Mort, mort aux IDF!", les forces de défense israéliennes.
Contactée par l'AFP, la police a confirmé que son enquête portait sur le slogan "Mort à l'IDF", sans indiquer l'identité de l'orateur.
"Nous sommes conscients des inquiétudes que suscitent ces images et ces slogans, en particulier au sein des communautés juives de Londres", a dit la police.
C'est la première fois depuis 2012 qu'un défilé était interdit à Londres, selon la police, qui craignait des violences, sur fond de guerre au Moyen-Orient.
La manifestation a eu lieu dans le cadre de l'"Al Quds day", "Journée pour Jérusalem", lancée en Iran en 1979 en soutien au peuple palestinien. Elle est célébrée chaque année dans divers pays, notamment dans le monde musulman.
Dans le rassemblement, des manifestants ont brandi des pancartes avec les inscriptions: "Halte aux crimes de guerre israéliens", "Libérez la Palestine".
D'autres avaient des photos de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien tué dans les premières frappes américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février.
"Ce qui arrive aux Palestiniens est tout à fait injuste", a dit à l'AFP Jean Apps, une retraitée de 81 ans originaire de Purley, au sud de Londres.
"Si je suis ici aujourd'hui, c'est aussi à cause des attaques illégales contre l'Iran. Je sais que l'Iran n'est pas parfait, mais il faut laisser le peuple iranien régler ses propres problèmes", a-t-elle ajouté.
Les contre-manifestants se sont rassemblés de l'autre côté de la Tamise, brandissant des drapeaux américains et israéliens.
"Make Iran great again" ("Redonnons sa grandeur à l'Iran"), indiquait une pancarte, inspirée du mouvement MAGA aux Etats-Unis.
"Nous demandons aux États-Unis et à Israël de nous aider à éliminer le CGRI", les Gardiens de la Révolution islamique, a dit Shiva, une Iranienne de 37 ans vivant à Londres.

