Afrique du Sud: des milliers défilent pour la "souveraineté" après les pressions américaines

Des milliers de Sud-Africains ont défilé samedi dans Johannesburg à l'appel de l'ANC "en défense de la souveraineté et des gains démocratiques", selon le mot d'ordre repris sur une banderole en tête de cortège, après des mois de pressions américaines.

En plus de la plainte sud-africaine pour génocide déposée contre Israël pour sa guerre à Gaza devant la justice internationale, l'administration Trump reproche aussi à Pretoria sa politique intérieure.

"Je pense qu'ils comprendront le message: il faut respecter notre président, nos lois et nos politiques", tonne auprès de l'AFP Siyanda Moloi, 34 ans, qui travaille dans le bâtiment quand il ne manifeste pas.

Dans le viseur américain depuis des mois: une prétendue persécution des Afrikaners, ces descendants des colons européens, ou encore les programmes de discrimination positive visant à corriger les inégalités héritées de la colonisation puis de l'apartheid.

Une foule en vert et jaune, couleurs de l'ANC, a inondé samedi les larges avenues séparant les tours du centre de la capitale économique du pays. Un autre défilé a également été convoquée plus tard dans la journée au Cap.

"Le principe de souveraineté nationale est remis en cause par des forces étrangères et nationales", alerte l'appel à manifester lancé par le premier parti du pays, l'ANC.

L'organisation de cette manifestation intervient après la convocation début mars du nouvel ambassadeur américain, Brent Bozell, à peine un mois après son arrivée pour des propos "non-diplomatiques".

Dans l'une de ses premières déclarations publiques, il avait déclaré n'avoir "rien à faire" que les tribunaux sud-africains ne considèrent pas le chant polémique et historique de lutte contre l'apartheid, "Kill the Boer", comme un discours de haine à l'égard des Afrikaners.

"J'ai été très choqué, il est ici en tant qu'invité. On ne veut plus de lui en Afrique du Sud. On devrait couper les liens avec eux", estime Siyanda Moloi à propos des Etats-Unis.

- "Ils nous détestent" -

L'appel à manifester dénonce aussi des "mesures économiques punitives et une ingérence étrangère directe dans la politique intérieure" sans toutefois citer Washington.

L'administration américaine avait infligé à Pretoria pour la plupart de ses exportations des droits de douanes de 30% --les plus élevés d'Afrique subsaharienne-- avant que la Cour suprême ne les retoque.

L'Afrique du Sud fait toutefois partie des 60 pays sous enquête commerciale dans une procédure visant à justifier de nouveaux droits de douanes.

"Ils nous détestent", constate Noxolo Skomolo, une agent immobilier de 53 ans. "On est là pour protéger notre Constitution. C'est notre terre et notre pays", lance cette manifestante arborant un t-shirt marqué du slogan "On ne vas pas se laisser marcher dessus".

Largement distribué et porté jusqu'au secrétaire général de l'ANC Fikile Mbalula, il fait référence à une déclaration du président sud-africain, Cyril Ramaphosa en début d'année passée quand ont commencé les attaques trumpistes à l'adresse de Pretoria.

La mobilisation a été particulièrement suivie à Johannesburg, en ce jour férié symbolique dédié aux droits humains.

Le 21 mars marque la date du massacre de Sharpeville en 1960 où 69 manifestants au moins ont péri sous les balles des forces de sécurité de l'apartheid pour avoir demandé la fin du laissez-passer contrôlant les déplacements des Noirs.

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