Assassinat de Lumumba en 1961: le suspect belge conteste son renvoi en procès

L'ancien diplomate belge Etienne Davignon a fait appel de son renvoi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour complicité présumée dans l'assassinat en janvier 1961 de l'ex dirigeant congolais Patrice Lumumba, a annoncé vendredi son avocat.

"Monsieur Davignon a décidé d'interjeter appel", a simplement indiqué Me Johan Verbist, sollicité par l'AFP.

Il disposait de quinze jours pour le faire, après la décision rendue en première instance par la chambre du conseil de Bruxelles le 17 mars.

Etienne Davignon, 93 ans, est le dernier homme encore en vie parmi la dizaine de fonctionnaires, policiers ou agents du renseignement belges qui étaient initialement visés dans la plainte déposée en 2011 dans la capitale belge par la famille de Patrice Lumumba.

La Belgique est l'ancienne puissance coloniale du Congo (l'actuelle RDC), devenu indépendant en juin 1960.

A l'époque diplomate stagiaire pour les Affaires étrangères belges, Etienne Davignon est soupçonné d'avoir été mêlé à la décision de transférer le héros de l'indépendance congolaise Patrice Lumumba dans la région sécessionniste du Katanga, où ce dernier avait été assassiné par des séparatistes aidés de mercenaires belges.

Patrice Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant, avait été renversé par un coup d'Etat dès septembre 1960.

Il avait été fait prisonnier par le nouveau pouvoir avant d'être transféré au Katanga, où il a été assassiné le 17 janvier 1961 en même temps que deux frères d'armes Maurice Mpolo et Joseph Okito. Son corps, dissous dans l'acide, n'a jamais été retrouvé.

Au bout de quatorze ans d'instruction le parquet fédéral belge avait demandé en 2025 le renvoi en correctionnelle de M. Davignon pour "participation à des crimes de guerre", des faits imprescriptibles.

La demande a été suivie il y a dix jours; une juridiction d'instruction a considéré qu'il devait être jugé pour "détention ou transfert illicite" de Patrice Lumumba, pour avoir privé ce prisonnier de guerre du droit à un procès équitable après son arrestation, et pour des "traitements humiliants et dégradants".

Désormais un nouveau débat va opposer à huis clos les avocats des différentes parties.

Si la décision de première instance est confirmée et qu'un procès est in fine ordonné, il ne se tiendra pas avant janvier 2027 au plus tôt, avait indiqué le 17 mars Christophe Marchand, avocat des enfants et petits-enfants Lumumba.

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