La Chine a annoncé lundi interdire son territoire au parlementaire japonais Keiji Furuya, parmi d'autres sanctions prises contre cet allié de la Première ministre Sanae Takaichi en raison de ses visites à Taïwan.
Ces sanctions sont la dernière manifestation des tensions sévissant entre la Chine et le Japon, aux rapports historiquement délicats, depuis que la Première ministre a laissé entendre en novembre que son pays pourrait réagir militairement à une attaque contre Taïwan.
La Chine communiste considère Taïwan, sous gouvernement démocratique, comme une partie "inaliénable" du territoire chinois, et la "réunification" comme non-négociable et inéluctable. Elle se réserve le droit de recourir à la force pour mener à bien la "réunification".
Keiji Furuya a effectué de "multiples déplacements à Taïwan au mépris de la ferme opposition de la Chine", a écrit le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué. Il a "gravement porté atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Chine", a dit le ministère.
Keiji Furuya a rencontré le président taïwanais Lai Ching-te en mars. Il a alors déclaré que les propos de Mme Takaichi ne faisaient que rappeler la position du gouvernement japonais et n'étaient "pas problématiques".
Pékin interdit à Keiji Furuya de se rendre en Chine continentale et dans les régions administratives spéciales de Hong Kong et Macao, dit le ministère.
Elle interdit aussi toute relation avec lui aux organisations et aux individus en Chine. Elle gèle ses avoirs éventuels en Chine.
Keiji Furuya a été ministre chargé de la question des enlèvements de Japonais par la Corée du Nord dans les années 1970 et 80.
Comme Mme Takaichi, il a visité régulièrement le sanctuaire Yasukuni, qui honore les soldats morts dans les conflits menés par le Japon, parmi lesquels des officiers et hommes politiques condamnés pour crimes de guerre après la Seconde Guerre mondiale.
La Chine voit dans ces visites une offense à la mémoire des victimes des atrocités japonaises et une glorification du passé militariste et impérialiste du Japon.
La Chine avait annoncé en septembre des sanctions analogues contre un autre parlementaire japonais, Hei Seki, d'origine chinoise, qu'elle accuse d'avoir diffusé de fausses informations sur Taïwan, le Tibet et d'autres questions sensibles. Il s'agissait alors d'une première selon Tokyo.
La Chine a pris depuis novembre contre le Japon une série de mesures économiques, politiques et symboliques en représailles aux propos de la Première ministre.

