Disparitions forcées: le Mexique rejette un rapport de l'ONU

Le gouvernement mexicain a rejeté jeudi un rapport controversé du Comité des Nations Unies sur les disparitions forcées (CED), qui avait renvoyé la question à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le rapport met en lumière la complicité d'agents de l'État dans les disparitions, constituant un "crime contre l'humanité", ainsi que leur soutien présumé à des groupes criminels.

"Au Mexique, les disparitions sont commises avec la participation, l'acquiescement et l'omission, à de multiples niveaux, de fonctionnaires", estime le rapport, tout en reconnaissant l'absence de preuves d'une politique fédérale de disparition.

Le gouvernement a fait savoir dans un communiqué qu'il "rejette le rapport car il est tendancieux et ne tient pas compte" des améliorations apportées au système judiciaire. "Le gouvernement mexicain ne tolère, n'autorise ni n'ordonne les disparitions forcées", poursuit le communiqué.

Le rapport du CED paraît une semaine après la publication par le gouvernement mexicain de son dernier rapport sur le sujet, qui recense 130.178 personnes disparues depuis 2006.

Cette crise, qui a éclaté en même temps qu'une offensive militaire destinée à démanteler les cartels de la drogue, a entraîné une forte augmentation des homicides et des déplacements forcés de population.

Le rapport souligne également l'incapacité du gouvernement mexicain à mettre en place un dispositif d'enquête efficace pour retrouver les personnes disparues.

Le rapport cite la découverte en 2025 du Rancho Izaguirre, un camp d'entraînement situé près de Guadalajara et lié au Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), où des centaines de personnes disparues ont été tuées dans des "crématoriums" artisanaux.

Plusieurs sources suggèrent que les autorités locales connaissaient l'existence de ce camp dès 2019, et deux policiers ont été arrêtés dans le cadre de son fonctionnement.

"Le CJNG a probablement agi avec l'autorisation, le soutien ou l'acquiescement d'au moins certaines autorités étatiques", estime le rapport.

Sous la pression du président américain Donald Trump, qui exige une lutte plus ferme contre le crime organisé, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum vante une baisse des homicides et des disparitions forcées comme preuve de l'efficacité de sa politique sécuritaire.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.