Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénoncé vendredi les "multiples attaques" visant les établissements de santé en Iran depuis le début de la guerre, regrettant notamment que l'Institut Pasteur soit désormais dans "l'incapacité" d'opérer.
Des frappes ont provoqué d'importants dégâts sur cet établissement de santé clé de Téhéran, avait annoncé jeudi le ministère iranien de la Santé, y voyant "une attaque directe contre la sécurité sanitaire internationale".
"De multiples attaques contre des établissements de santé ont été signalées ces derniers jours" dans la capitale iranienne, "dans un contexte d'escalade du conflit au Moyen-Orient", a écrit sur le réseau social X le directeur général de l'organisation onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
L'Institut Pasteur d'Iran, membre de l'International Pasteur Network mais sans lien direct avec l'institut éponyme de Paris, "se trouve dans l'incapacité de poursuivre ses activités de soins", a-t-il déploré.
Ce centre fondé en 1920 "oeuvre depuis plus d'un siècle dans de nombreux domaines de la recherche médicale" et "joue un rôle essentiel dans la protection et la promotion de la santé publique, notamment en situation d'urgence", rappelle le chef de l'OMS.
Selon l'agence de presse iranienne Isna, la production de vaccins et de sérums continue malgré les dommages subis. "Aucun des employés n'a été blessé", a-t-elle précisé sur son compte Telegram.
Des frappes américano-israéliennes distinctes, mardi, ont touché l'une des plus grandes entreprises pharmaceutiques d'Iran, qui produit des médicaments contre le cancer et des anesthésiques, selon le gouvernement iranien.
Le patron de l'OMS a également assuré que l'hôpital psychiatrique Delaram Sina avait subi d'importants dégâts dimanche après une frappe aérienne.
Le Croissant-Rouge iranien, cité par l'agence iranienne Mehr, a par ailleurs fait état d'une frappe contre un centre de recherche dans le domaine des lasers et du plasma de l'université Shahid Beheshti à Téhéran.
Les attaques visant des établissements de santé, protégés par la Convention de Genève, constituent une "ligne rouge du droit international" et sont considérées "comme un crime de guerre", a réagi vendredi sur X cette organisation.
D'après ses dernières données, 307 établissements de santé, médicaux et de soins d'urgence ont été endommagés par la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines.
Le président américain Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier son offensive militaire et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".
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