Des milliers de Sud-Soudanais ont marché pour la paix à l'occasion du Vendredi saint à Juba, alors que le Soudan du Sud, de plus en plus instable, connaît une recrudescence des combats entre forces gouvernementales et d'opposition.
Les violences sont particulièrement intenses dans l'Etat du Jonglei: depuis décembre, les forces gouvernementales, fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir, et des milices d'opposition loyales à son rival de longue date Riek Machar, s'y opposent militairement après qu'un accord de partage de pouvoir a volé en éclats il y a un an.
Riek Machar est placé depuis près d'un an en résidence surveillée et inculpé de "crimes contre l'humanité".
"Nous prions pour que nos dirigeants changent de coeur. Nous demandons maintenant à Jésus-Christ lui-même d'intervenir. Tous les efforts ont été tentés, mais nos dirigeants restent inflexibles et ils ne se supportent pas", a lancé au micro Santo Loku Pio Doggale, l'évêque auxiliaire de Juba.
"Ils ne veulent pas la paix. Ils ne veulent pas la réconciliation. Ils veulent seulement opprimer. Ils veulent seulement diviser. Ils veulent se battre", a-t-il regretté, devant une foule très dense.
"Ils sont nombreux à continuer d'être crucifiés, nombreux de nos frères et soeurs", a dénoncé de son côté l'archevêque Séamus Patrick Horgan, nonce apostolique - le représentant du Vatican - au Soudan du Sud.
"Tout cela est le résultat de l'égoïsme et de l'indifférence froide de trop nombreux membres de nos élites", a-t-il poursuivi.
Interrogée par l'AFP, Lucia Peter, une habitante de Juba, a demandé à Dieu d'"apporter la paix" au Soudan du Sud, car "la paix, c'est l'unité".
"L'histoire du Soudan du Sud est pleine de guerres, a déploré Joseph Kenyi Samuel, un habitant de Juba. Nous avons grandi dans les guerres. Alors j'en suis vraiment lassé. Nous avons besoin de paix, d'une nouvelle page pour le Soudan du Sud."
Le Soudan du Sud, majoritairement chrétien, qui s'est séparé du Soudan en 2011 à l'issue de deux guerres sur près de quatre décennies contre Khartoum, avait connu une guerre civile sanglante entre 2013 et 2018, qui opposait déjà les forces de MM. Kiir et Machar. Elle avait fait plus de 400.000 morts.
Alors que les récents combats ont fait des centaines de déplacés et de réfugiés dans les pays voisins et un nombre inconnu de victimes, le pays a également connu plusieurs massacres. Début mars, au moins 169 personnes ont été tuées lors de violences inter-communautaires.
