Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a dénoncé mardi la "rhétorique incendiaire" entourant le conflit au Moyen-Orient, rappelant que cibler les infrastructures civiles est "un crime de guerre"
"En vertu du droit international, attaquer délibérément des civils et des infrastructures civiles est un crime de guerre. Toute personne responsable de crimes internationaux doit être traduite en justice par un tribunal compétent", a souligné M. Türk, dans un communiqué qui ne mentionne pas nommément les Etats-Unis, l'Iran ou Israël.
Ses propos interviennent alors que le conflit, déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, a déjà fait des milliers de morts et ne montre aucun signe de désescalade.
Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses infrastructures énergétiques si les discussions entre Washington et Téhéran n'aboutissaient pas "rapidement" et si le détroit d'Ormuz, essentiel au trafic mondial d'hydrocarbures et presque entièrement bloqué par l'Iran, n'était "pas immédiatement" rouvert.
L'ultimatum adressé par le président américain aux dirigeants iraniens expire à 20H00 heure de Washington (00H00 GMT mercredi). Cependant, avant même l'expiration de cet ultimatum, plusieurs infrastructures ont déjà été frappées mardi en Iran, dont deux ponts, selon les autorités locales.
Et Donald Trump a menacé mardi l'Iran d'un anéantissement total, affirmant sur sa plateforme Truth Social qu'"une civilisation entière va mourir ce soir".
"Je déplore la vague de rhétorique incendiaire employée au cours des deux dernières semaines par toutes les parties au conflit au Moyen-Orient, y compris les dernières menaces d'anéantir une civilisation entière et de cibler les infrastructures civiles. C'est ignoble", a déclaré M. Türk.
"Mettre ces menaces à exécution reviendrait à commettre les crimes internationaux les plus graves", a-t-il averti.
"Les menaces qui sèment la peur et la terreur parmi les civils sont inacceptables et doivent cesser immédiatement", a-t-il ajouté, appelant par ailleurs la communauté internationale "à prendre des mesures urgentes pour désamorcer la situation et contribuer à protéger la vie de tous les civils".
