Une ONG israélienne a indiqué mardi avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) l'appelant à examiner d'éventuelles poursuites contre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pour complicité de "crimes de guerre" via des exportations vers l'Iran.
Les relations entre Israël et l'Espagne sont au plus bas depuis la reconnaissance par Madrid d'un Etat palestinien en 2024, et les deux pays ont chacun rappelé leurs ambassadeurs respectifs.
Déposée par l'organisation de droite israélienne Shurat HaDin, qui milite pour les droits des familles juives de victimes d'attentats, la plainte accuse l'Espagne d'avoir fourni "des composants nécessaires au régime de Téhéran et à ses alliés à des fins militaires", ce qui, selon elle, constituerait une complicité de "crimes de guerre".
Dans une requête soumise en vertu de l'article 15 du Statut de Rome, l'ONG affirme que l'Espagne a approuvé l'exportation d'environ 1,3 million d'euros, en 2024 et 2025, de composants dits à double usage, incluant des détonateurs et d'autres matériaux liés aux explosifs.
"Ces matériaux ne sont pas de simples produits industriels, mais des composants essentiels permettant le fonctionnement d'engins explosifs, et ils ont été transférés dans des circonstances où leur utilisation pour des attaques contre des civils était prévisible", a déclaré Shurat HaDin dans un communiqué.
Le 28 février, Israël et les Etats-Unis ont lancé des frappes contre l'Iran, qui a riposté en tirant des missiles balistiques et des drones vers plusieurs pays de la région. Depuis le 8 avril, une trêve est en vigueur entre Washington et Téhéran, dans le cadre de négociations qui, à ce stade, n'ont pas abouti.
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, l'un des critiques les plus virulents de la guerre menée par Israël à Gaza, s'est également opposé à la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran.
Madrid a fermé son espace aérien aux avions américains impliqués dans cette guerre et a jugé "inacceptable" qu'Israël poursuive ses bombardements et son incursion terrestre au Liban après la trêve.
Vendredi dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé l'Espagne d'"hostilité" envers son pays et a annoncé l'exclusion de Madrid du mécanisme de surveillance internationale de la trêve à Gaza.

