Le témoignage d'un policier chinois prouve la persécution persistante des Ouïghours, selon des parlementaires

Le témoignage jeudi d'un ancien policier chinois dans le Xinjiang, décrivant scènes de torture et répression généralisée des Ouïghours, montre "l'intensification de la persécution" dans la région chinoise, a réagi un réseau de parlementaires critique envers Pékin.

Publié dans les magazines allemand Der Spiegel et britannique The Spectator, le "témoignage vérifié" de Zhang Yabo, qui s'est réfugié en Allemagne à l'été 2025, contredit les affirmations de la Chine "selon lesquelles la persécution dans la région aurait pris fin", estiment environ 70 membres de l'Alliance interparlementaire sur la Chine (Ipac) dans un communiqué.

Des organisations de défense des droits humains accusent Pékin d'avoir engagé depuis 2017 une répression systématique des Ouïghours et des autres ethnies musulmanes de la région.

Elles reprochent à la Chine d'avoir recours au travail forcé, à des stérilisations forcées et d'avoir enfermé plus d'un million de personnes dans des camps de rééducation.

La Chine, qui justifie sa politique par la nécessité de combattre le séparatisme et le terrorisme, qualifie ces établissements d'écoles professionnelles et affirme que tous leurs participants ont "obtenu leur diplôme" en 2019.

Mais pour les parlementaires signataires du courrier de l'Ipac, issus d'une trentaine de pays du monde entier, le nouveau témoignage montre que Pékin impose toujours dans cette région du nord-ouest "la surveillance de masse, la détention arbitraire et le travail forcé systémique".

Agé de 39 ans, Zhang Yabo a raconté au Spiegel s'être enfui en Allemagne au cours d'un voyage organisé en août 2025.

Au moment où son groupe visitait le célèbre château de Neuschwanstein, en Bavière (sud), il est parti sans rien dire et s'est présenté au siège du Congrès ouïghour mondial (WUC), justement situé à Munich.

Surveillant de prison puis policier dans un village du Xinjiang, entre 2014 et fin 2023, il dit que la torture y est alors pratiquée "quand on n'obéit pas", et raconte avoir vu un jeune homme subir des coups répétés dans les testicules avant de mourir.

"J'entends encore ses cris aujourd'hui. J'en fais des cauchemars", dit ce chrétien, qui fait état d'arrestations liées à "une chanson, un poème, une prière" ouïghours.

Les parlementaires de l'Ipac appellent leurs gouvernements "à renforcer les mécanismes de protection commerciale" vis-à-vis de la Chine pour affirmer "sans équivoque que la communauté internationale ne financera pas l'esclavage des Ouïghours".

Fin février, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme Volker Türk a reproché à la Chine de ne pas agir suffisamment pour améliorer la situation des Ouïghours, plus de trois ans après un rapport accablant de son bureau faisant état de possibles "crimes contre l'humanité" au Xinjiang.

La répression chinoise au Xinjiang avait aussi été condamnée début 2021 par les Etats-Unis, qui avaient évoqué un "génocide".

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