Des collectifs de recherche de personnes disparues au Mexique ont annoncé vendredi la découverte de plus de 1.000 fragments osseux aux abords d'un lac de Mexico, où les autorités effectuent des fouilles depuis plus d'une semaine.
Le fléau des disparitions dans ce pays est apparu en 2006, lorsque les autorités ont lancé une offensive militaire controversée contre les cartels de la drogue, qui a déclenché une escalade de violences des groupes criminels et des dérives de la part des forces de sécurité. Depuis, plus de 130.000 disparitions ont été recensées.
Cela fait dix jours que les autorités de Mexico dirigent des opérations de recherche dans le lac de Chalco, dans l'est de la capitale.
Mais ces recherches se sont transformées "en une crise médico-légale aux dimensions incalculables", ont dénoncé dans un communiqué cinq collectifs de recherche et des familles indépendantes de la ville et de l'Etat de Mexico, qui estiment que les autorités ne font pas correctement leur travail.
Selon le récit d'une membre d'un collectif qui a participé aux opérations de recherche, les militants ont trouvé des fragments osseux dans des zones où la terre avait déjà été analysée par le parquet local.
Les militants ont fait part "avec douleur et indignation" de la découverte d'"au moins 1.076 restes et fragments osseux". La complexité des fouilles dans un terrain lacustre ne doit pas être une "excuse pour retarder les processus de recherche et de préservation", ont-ils ajouté.
Dans un rapport daté du 13 avril, le parquet de Mexico a annoncé la découverte de 317 "éléments osseux qui, d'après des analyses préliminaires, pourraient correspondre au moins à trois individus".
Au cours d'une réunion avec les autorités de la capitale, les collectifs ont demandé vendredi que les recherches soient menées sans interruption jusqu'au traitement complet du site.
Début avril, un rapport du Comité des Nations unies sur les disparitions forcées (CED) a mis en lumière la complicité d'agents de l'Etat dans les disparitions forcées, constituant un "crime contre l'humanité".
La présidente Claudia Sheinbaum a accusé ces experts d'ignorer les progrès récemment accomplis par son gouvernement en la matière.

