La rapporteuse de l'ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a déclaré lundi à l'AFP qu'Israël devait "être exclu" du Conseil de l'Europe, estimant que les Etats "ont l'obligation de ne pas aider un Etat qui commet des violations du droit international".
Observateur à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Israël pourrait en être exclu après le vote fin mars par la Knesset d'une loi instaurant "la peine de mort pour les terroristes", texte taillé sur mesure pour ne s'appliquer qu'à des Palestiniens.
L'abolition de la peine capitale est une condition incontournable pour qu'un pays puisse faire partie du Conseil de l'Europe, vigie des droits de l'homme et de la démocratie sur le continent.
Il dispose d'une assemblée de 612 parlementaires originaires de ses 46 Etats membres, ainsi que de trois Etats qui y siègent en tant qu'observateurs: le Canada, Israël et le Mexique.
"Il y a une obligation qui découle du droit international (...) qui dit que les Etats ont l'obligation de ne pas aider, de ne pas assister un Etat qui commet des violations du droit international", a insisté Mme Albanese.
"Israël doit (...) être exclu" de l'APCE, a-t-elle encore ajouté, estimant que, selon elle, il y a "dans les institutions européennes une approche de la vie humaine (...) sélective".
"Israël arrive à bénéficier de cette sélectivité", a poursuivi Mme Albanese, qui a publié fin mars un rapport dans lequel elle affirme qu'Israël recourt à un "usage systématique de la torture contre les Palestiniens".
La rapporteure de l'ONU s'exprimait en marge de la session de printemps de l'APCE, qui se tient cette semaine à Strasbourg (est de la France).
Invitée par le groupe parlementaire de gauche The Left à l'APCE, elle y a évoqué les sanction américaines qui la visent depuis juillet 2025 et la condamnent à une "mort civile".
"Pas de compte bancaire, pas de paiement, pas de réception de paiement", égrène la juriste qui s'est vue également privée de son "assurance médicale".
"Vous voyez Francesca Albanese, rapportrice de l'ONU pour les territoires palestiniens mais en fait, je suis traitée comme Pablo Escobar", célèbre baron de la drogue colombien, a-t-elle ironisé.
Il est "absolument nécessaire" que les sanctions la visant elle, les magistrats de la Cour pénale internationale et trois ONG palestiniennes soient levées, a-t-elle encore déclaré.

