L'inquiétude est de mise mercredi sur les marchés mondiaux, après un nouveau bond de l'inflation aux Etats-Unis, sur fond d'escalade des tensions au Moyen-Orient et d'interrogations autour des valorisations du secteur technologique.
En Europe, Paris a perdu 0,51%, Francfort 0,97% et Milan 0,46%. Seule Londres a grappillé 0,27% grâce à ses majors pétrolières, qui ont profité d'une nouvelle hausse des prix du brut.
A Wall Street, vers 15H50 GMT, l'indice Nasdaq cédait 0,93% et le S&P 500 se repliait de 0,72%. Le Dow Jones reculait de 1,03%.
- La Fed sous pression -
L'inflation a une nouvelle fois bondi le mois dernier aux Etats-Unis, première économie mondiale, à 4,2% sur un an, contre 3,8% en avril, soit son plus haut niveau en près de trois ans, selon des données officielles publiées mercredi.
Cette hausse s'explique par la flambée du pétrole, avec la guerre au Moyen-Orient. Mais l'indice des prix à la consommation (CPI) dit sous-jacent, hors énergie et alimentation, a continué aussi de grimper en mai, à 2,9% sur un an, contre 2,8% en avril.
Ces chiffres sont globalement conformes aux prévisions des analystes.
Mais le "message d'ensemble reste que l'inflation est trop élevée et trop persistante pour permettre à la Réserve fédérale américaine (Fed) d'envisager une baisse de taux à court terme", a souligné Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM.
Or, la Fed est déjà de plus en plus sous pression pour restreindre sa politique monétaire afin de lutter contre cette remontée de l'inflation.
La prochaine réunion de l'institution aura lieu les 17 et 18 juin. Elle sera la première de son nouveau président, Kevin Warsh, dont la nomination a été proposée par Donald Trump. Ce dernier réclame, au contraire, des baisses de taux.
Le taux d'intérêt de l'emprunt américain à échéance dix ans restait stable par rapport à la veille, à 4,52%. Tout comme son équivalent à deux ans, plus dépendant des évolutions de politique monétaire, à 4,11%.
- Le pétrole en hausse -
Le monde fait par ailleurs face à une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, éloignant la perspective d'un accord imminent pour mettre fin au blocage du détroit d'Ormuz, où passait avant la guerre 20% du commerce mondial d'hydrocarbures.
Le pétrole repart de l'avant dans ce contexte. Vers 15H50 GMT, le Brent de la mer du Nord gagnait 1,15%, à 92,50 dollars le baril, quand le WTI, son équivalent américain, grimpait de 1,39%, à 89,43 dollars le baril.
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.
Le président américain avait pourtant assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de "deux à trois jours". Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran. Il avait alors promis une réponse appropriée.
De son côté, l'Iran a dit mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz.
- Interrogations sur la tech -
Autre point de tension sur les marchés: les interrogations sur les valorisations des entreprises de la tech et des semi-conducteurs, qui jouent un rôle clé dans le développement de l'intelligence artificielle (IA) et sont un des moteurs des marchés depuis le début de l'année.
Après un net recul de ces valeurs la veille, le mouvement de vente se poursuit, à l'image de Broadcom (-4,44%), Nvidia (-2,53%) et Micron (-3,20%) à Wall Street. En Europe, Infineon a perdu 0,44% à Francfort et STMicroelectronics 0,23% à Paris.
Cette volatilité survient à quelques jours de la cotation record de SpaceX, le 12 juin, à 75 milliards de dollars.
L'entreprise OpenAI, à l'origine de ChatGPT, a elle aussi déposé son projet d'introduction en Bourse, une semaine après une annonce similaire d'Anthropic, son rival dans la course à l'IA.
emb-fcz/alh/er
S&P Global Ratings
APACHE
BROADCOM
NVIDIA
Micron Technology
INFINEON TECHNOLOGIES AG
STMICROELECTRONICS NV

