Le gouvernement israélien a approuvé dimanche à l'unanimité la reconnaissance du génocide arménien, un terme réfuté par Ankara, dans un contexte de vives tensions avec la Turquie.
"Décision historique: le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité la proposition du ministre Gideon Saar de reconnaître le génocide arménien", a annoncé dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.
La mesure doit encore être entérinée par le Parlement.
Les gouvernements israéliens successifs avaient jusqu'à présent évité de reconnaître officiellement le génocide arménien, notamment afin de préserver leurs relations avec la Turquie, autrefois l'un des plus proches partenaires stratégiques du pays dans la région.
"Il n'est jamais trop tard pour faire ce qui est juste (...), c'est à la fois un devoir moral et un devoir historique", a justifié M. Saar.
"Le génocide arménien reste à ce jour l'objet d'une campagne institutionnalisée de négation et de minimisation, incluant une réécriture manipulatrice de l'histoire, principalement menée par le gouvernement turc", a-t-il accusé.
La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide dans la bande de Gaza - ce qu'il réfute -, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier les massacres des Arméniens sous l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale.
Ce génocide est toutefois reconnu par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la France et l'Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort est évalué à entre 600.000 et 1,5 million.
- "Pas d'immunité" -
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est imposé comme l'un des plus virulents critiques de la guerre à Gaza, déclenchée en représailles de l'attaque du Hamas sur le sol israélien du 7 octobre 2023, comparant à plusieurs reprises les dirigeants israéliens à des responsables nazis.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a régulièrement riposté à ses attaques, le qualifiant de "dictateur antisémite qui commet un génocide contre les Kurdes".
La Turquie a suspendu le plus gros de ses relations commerciales avec Israël, se faisant l'un des plus fervents soutiens diplomatiques du mouvement islamiste palestinien.
"Il ne s'agit pas d'un acte de représailles face à l'hostilité ouverte, ainsi qu'à la terrible rhétorique et aux actes hostiles de la Turquie, sous la direction d'Erdogan, à l'encontre d'Israël", a encore ajouté Gideon Saar, en référence à cette reconnaissance.
"Le fait que la Turquie fasse la promotion de mensonges sur Israël ne lui accorde pas une immunité face aux vérités historiques".
Les relations entre Israël et l'Arménie s'étaient elles dégradées quand le ministère arménien des Affaires étrangères avait annoncé en juin 2024 la reconnaissance de l'Etat de Palestine.

