Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères s'est dit "préoccupé" lundi par la décision israélienne de reconnaître le génocide arménien, en estimant qu'elle constitue "une déformation" de l'Histoire.
"La déformation des faits historiques entourant les événements de 1915, ainsi que la réduction d'une question historique complexe à une décision politique dépourvue de fondement juridique ou scientifique solide, sont inacceptables", a estimé le ministère dans un communiqué.
Le génocide arménien est reconnu par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la France et l'Allemagne. Le nombre d'Arméniens ayant trouvé la mort dans ces massacres commis par l'armée turque pendant la Première Guerre mondiale est évalué à entre 600.000 et 1,5 million.
Selon le communiqué du ministère azerbaïdjanais, la reconnaissance du génocide par Israël ne contribue "ni à la réconciliation ni à la compréhension mutuelle. Au contraire, elle aggrave les divisions existantes et sapent les efforts visant à instaurer une paix et une stabilité durables dans la région".
"Nous appelons le gouvernement israélien à reconsidérer cette décision", poursuit Bakou.
La Turquie a dénoncé dimanche une "décision politique" visant à couvrir "les crimes" commis par l'armée israélienne à Gaza à la suite de l'attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.
Depuis la chute de l'URSS, l'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont affrontés à deux reprises pour le contrôle du Karabakh, revendiqué comme berceau de leur civilisation.
Bakou, appuyé par Ankara, a repris le contrôle de la région séparatiste en 2023, déclenchant l'exode de 100.000 Arméniens qui y vivaient.

