L'ex-principal responsable politique du Xinjiang, région sensible du nord-ouest chinois, a été exclu du Parti communiste (PCC) et de toute fonction officielle pour corruption, mêlant népotisme, pots-de-vin et "faveurs sexuelles", a indiqué mardi un média d'Etat.
Agé de 66 ans, Ma Xingrui était également membre du "Politburo" du PCC, l'instance d'une vingtaine de membres qui dirige de facto le pays. Sa chute fait suite à une enquête annoncée en avril.
Le Politburo a approuvé le rapport de la Commission centrale de discipline, le gendarme anti-corruption du parti, qui dresse une longue liste de reproches à l'ex-chef du Parti communiste dans le Xinjiang (2021-2025), a indiqué l'agence Chine nouvelle.
Les investigations ont établi que Ma Xingrui a "perdu ses idéaux et ses convictions politiques", "trahi la mission et les principes originels du Parti" et "gravement enfreint la discipline et les règles politiques".
Il aurait favorisé des tiers lors de nominations à certains postes, accepté illégalement des cadeaux et de l'argent ou encore aidé des membres de sa famille à acheter des logements à prix réduit.
"Il s'est adonné à des échanges de pouvoir ou d'argent contre des faveurs sexuelles, a toléré que ses proches tirent parti de l'influence liée à sa fonction pour engranger d'énormes profits, et s'est livré à une corruption familiale à grande échelle", a affirmé Chine nouvelle.
L'agence a souligné la "gravité extrême" de ses actes et leur impact "particulièrement néfaste".
Jusqu'ici instruit par l'agence anticorruption interne du PCC, son dossier a été transmis au parquet pour traitement judiciaire. La justice décidera alors si des peines de prison doivent être prononcées.
Ma Xingrui a longtemps dirigé le Xinjiang, marqué jusqu'au milieu des années 2010 par une série d'attentats meurtriers visant des civils. Pékin en avait attribué la responsabilité à des groupes séparatistes et islamistes armés.
La région fait l'objet depuis une décennie d'une ferme politique sécuritaire menée au nom de l'antiterrorisme. Cette dernière cible surtout les Ouïghours, un groupe ethnique principalement musulman dont des membres avaient été condamnés pour leur implication dans les attentats.
Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé des exactions à l'encontre des Ouïghours et d'autres minorités musulmanes.
Un rapport de 2022 du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, durant le mandat de Ma Xingrui, évoquait notamment l'existence de "détention arbitraire et discriminatoire" qui pouvait constituer des "crimes contre l'humanité".

