L'une des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) se dit mercredi "prête à agir" si l'inflation ne rentre pas "bientôt" dans le rang aux Etats-Unis.
"Si nous ne constatons pas bientôt des signes de désinflation, je suis prête à agir", a déclaré la gouverneure Lisa Cook lors d'un évènement à Washington.
Elle a ainsi suggéré qu'elle pourrait voter pour une hausse des taux d'intérêt de la Fed.
Elle semble néanmoins l'exclure à brève échéance, la prochaine réunion de politique monétaire étant à la fin du mois.
"À ce stade, il me semble prudent de prendre un peu plus de temps pour observer comment l'inflation évolue à partir de maintenant", a-t-elle précisé.
La responsable n'a laissé aucune ambiguïté sur sa priorité actuelle: la lutte contre l'inflation.
"L'inflation durablement élevée est un fardeau inacceptable sur les familles américaines, et il revient à la Réserve fédérale de rétablir la stabilité des prix", a-t-elle ainsi posé dès le début de son intervention.
Elle est parue un peu plus soucieuse à ce sujet que son collègue de la Fed de New York, John Williams, qui vote également sur les taux directeurs.
Dans un discours prononcé dans la matinée, celui-ci a estimé qu'il y avait "des raisons encourageantes de penser que l'inflation a(vait) atteint son pic", duquel elle devrait descendre "dans les trimestres qui viennent".
La guerre au Moyen-Orient, en perturbant la production et le transport d'hydrocarbures dans le Golfe, a provoqué un rebond d'inflation ces derniers mois.
Au printemps, la détente entre Washington et Téhéran a fait redescendre le coût de l'essence. L'indice des prix à la consommation (CPI) publié mardi montre ainsi une accalmie en juin, avec une inflation de 3,5% sur un an contre 4,2% en mai.
Néanmoins, depuis, les hostilités ont repris au Moyen-Orient.
"Comme l'ont montré les événements de la semaine dernière, il y a une grande incertitude concernant le moment où les pressions sur les prix liées à ce choc (énergétique, NDLR) prendront fin", a souligné Mme Cook.
La gouverneure a fait les gros titres en raison du conflit qui l'a opposée à Donald Trump.
Le président américain a tenté de la révoquer en l'accusant d'avoir été malhonnête lors de demandes de prêts personnels. Mme Cook a immédiatement porté l'affaire devant la justice pour rester en place, sa défense suggérant une simple erreur administrative.
La Cour suprême à majorité conservatrice a récemment infligé un camouflet au chef de l'Etat en jugeant qu'il ne pouvait la renvoyer "à sa guise".
Mme Cook a brièvement évoqué l'affaire dans un sourire mercredi.
Elle a souligné qu'elle ne répondrait à aucune question sur le sujet mais remercié ses soutiens et dit qu'elle continuerait sa tâche "en (s)'appuyant sur des données, des faits et une analyse économique rigoureuse, et non sur des considérations politiques".

