La journaliste de l'AFP Christina Assi, qui a perdu une jambe dans une attaque israélienne sur le sud du Liban il y a bientôt trois ans, sera mise à l'honneur lors d'une cérémonie pour la liberté de la presse organisée en novembre à New York.
Le 13 octobre 2023, une frappe a tué le journaliste vidéo de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six autres reporters, dont deux de l'AFP, Dylan Collins et Christina Assi, alors qu'ils faisaient leur travail dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël.
De multiples enquêtes indépendantes, dont l'une menée par l'AFP, ont conclu à l'utilisation d'un obus de char de 120 mm d'origine israélienne. Début juin, l'ambassadeur d'Israël en France a reconnu que l'armée israélienne a commis une "erreur" en frappant ces reporters.
Mais "bien qu'il s'agisse de l'une des attaques d'Israël sur la presse la mieux documentée, plus de trois ans plus tard, personne n'a été tenu pour responsable", regrette le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans un communiqué.
Cette ONG américaine qui défend la liberté de la presse dans le monde organise cette cérémonie le 19 novembre à New York.
Depuis l'attaque israélienne qui l'a conduit à être amputée de sa jambe droite, Christina Assi "s'est mobilisée pour que justice soit rendue pour la mort d'Issam Abdallah, pour améliorer la sécurité des journalistes, et a soutenu un programme de rééducation pour les victimes de telles blessures", précise encore le CPJ.
En 2024, un an après la frappe meurtrière sur le groupe de journalistes, l'ONG avait accusé Israël de "crime de guerre" et y voyait "la continuation d'un schéma israélien vieux de plusieurs décennies consistant à viser des journalistes en toute impunité".
Parmi les autres journalistes à recevoir les honneurs de la soirée de novembre à New York, on trouve le journaliste d'investigation hongrois Szabolcs Panyi, qui a mis en cause les cercles de Viktor Orban, et la Colombienne Estefany Rodriguez, arrêtée aux Etats-Unis par la police de l'immigration alors qu'elle faisait son travail.

