Paris : une trentaine de membres d'un canal Telegram masculiniste convoqués devant la justice

Une trentaine d'utilisateurs d'un canal Telegram masculiniste sont convoqués à partir de l'automne devant le tribunal de Paris pour répondre notamment de provocation à la haine envers les femmes, a indiqué jeudi à l'AFP le parquet.

Les gendarmes ont interpellé en juin puis entendu 45 personnes, membres du canal Telegram public "femmeblancherie" (1.758 abonnés principalement francophones), a précisé le parquet, confirmant une information du Figaro.

"Il est rapidement apparu une convergence des discriminations et des haines de la part des membres du canal, avec de nombreux propos à caractère racial, des apologies du terrorisme et de crimes contre l'humanité", a-t-il ajouté.

Parmi la "multitude d'infractions" relevées figurent celles de provocation publique à la haine, la violence ou la discrimination ainsi que l'injure publique envers une personne ou un groupe à raison du sexe. Ces délits font encourir un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Les principaux auteurs de messages répréhensibles viennent de toute la France, "apparaissent insérés socialement", la plupart travaillent et sont de classes socio-économiques variées, précise le parquet. On trouve parmi eux un infirmier, un agent pénitentiaire, un conducteur de métro.

La plupart "ont reconnu être les auteurs des messages poursuivis, mais ont invoqué un +humour noir+ ou +humour beauf+, ou avoir écrit sous l'effet de l'alcool ou de l'agacement", ajoute le parquet.

"L'exploitation de leurs téléphones a révélé une appétence partagée pour les sites d'extrême droite comme +Démocratie participative+, Alain Soral, Vincent Reynouard, eux-mêmes fréquemment condamnés pour des incitations à la haine", poursuit-il.

Au total, 34 personnes doivent être jugées au cours d'audiences entre le 18 novembre 2026 et le 6 janvier 2027. Des procédures simplifiées (ordonnance pénale ou alternatives aux poursuites) ont été choisies pour dix autres, et un dossier d'injures a été classé faute de plainte de la victime.

L'enquête a été menée à l'initiative du pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris, lorsqu'il a constaté ne pas recevoir de signalements relatifs à des discriminations masculinistes, "malgré l'importance du débat de société", dans les médias ou sur les réseaux.

"Telegram a répondu à toutes les réquisitions (...) et permis d'identifier un certain nombre de membres, dont l'administrateur du canal", s'est félicité le parquet, qui précise que les investigations ont été menées par l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH).

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