L'armée birmane a intensifié ses frappes aériennes contre les civils, selon des enquêteurs de l'ONU

L'armée birmane a intensifié les frappes aériennes contre les civils ces derniers mois, dans le cadre de la guerre civile déclenchée par le coup d'Etat militaire de 2021, selon un rapport publié mardi par des enquêteurs de l'ONU.

A l'approche des élections législatives de décembre et janvier, les attaques aériennes et autres crimes commis contre les civils se sont intensifiés, et se poursuivent "sans relâche", dénonce le Mécanisme d'enquête indépendant pour la Birmanie dans un communiqué.

Dans son rapport annuel couvrant la période de juillet 2025 à fin juin 2026, ce groupe d'enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a documenté un schéma de violences imputées à l'armée, marqué notamment par des frappes aériennes délibérées contre des civils, des détentions arbitraires, des actes de torture et des violences sexuelles.

"La fréquence et l'intensité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par l'armée birmane et par divers groupes armés n'ont cessé de s'aggraver", ont indiqué les enquêteurs dans le communiqué.

Un coup d'Etat militaire a renversé en 2021 le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi et plongé le pays dans une guerre civile qui a fait plus de 100.000 morts, selon l'ONG Acled, spécialisée dans le suivi des conflits.

Selon le rapport, les frappes aériennes ont visé des habitations, des écoles, des établissements de santé, des lieux de culte, ainsi que des camps accueillant des personnes déplacées à l'intérieur du pays, faisant des morts et des blessés et causant des destructions.

"Le recours croissant des forces armées aux paramoteurs et aux drones rend ces attaques plus difficiles à détecter par les civils, réduisant leur capacité à fuir ou à se mettre à l'abri", ont précisé les enquêteurs, qui indiquent avoir identifié certaines des unités militaires responsables de ces attaques.

Selon eux, les affrontements entre le régime militaire et les différents groupes armés à travers le pays "ne montrent aucun signe d'apaisement".

Ils indiquent avoir recueilli et analysé "de nombreuses preuves" de détentions arbitraires, de torture et de violences sexuelles dans des lieux de détention contrôlés par l'armée.

De nombreuses personnes "encourent jusqu'à 20 ans de prison, voire la peine de mort, pour des activités telles que la publication de commentaires critiques sur les réseaux sociaux", ont-ils dénoncé.

Créé en 2018, le mécanisme d'enquête est chargé de recueillir des preuves sur les crimes internationaux les plus graves commis en Birmanie et de constituer des dossiers susceptibles d'être utilisés par d'autres instances dans le cadre de poursuites pénales.

Il a fourni des éléments de preuve à la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par la Gambie contre la Birmanie pour des accusations de génocide visant la minorité rohingya.

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