Massacre en Guinée: la FIDH fustige la promotion d'un chef de la gendarmerie toujours poursuivi

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) a vivement dénoncé jeudi l'élévation au grade de général d'un colonel de la gendarmerie, récemment acquitté dans le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée mais toujours visé par une plainte de victimes.

Le colonel Bienvenu Lamah a été élevé au grade de général le 3 août dernier par un décret du président guinéen Mamadi Doumbouya. Cette nomination est intervenue après son acquittement, le 27 juillet, dans le procès du massacre du 28 septembre 2009 par un tribunal de Conakry, qui a ordonné sa "remise en liberté immédiate".

Bienvenu Lamah, qui était notamment poursuivi pour "meurtres et viols" et contre qui une peine de 10 ans de prison avait été requise, était incarcéré depuis la mi-novembre 2022.

Il a été nommé général "malgré des charges extrêmement graves qui pèsent sur lui", dénonce la FIDH dans un communiqué.

Sa nomination "intervient alors que les parties civiles ont fait appel de son acquittement et qu'un nouveau procès doit avoir lieu", rappelle la FIDH.

L'ONG estime que le pouvoir guinéen "doit renoncer à cette promotion" qui "sonne", pour les parties civiles, comme "une normalisation par les autorités" des tueries perpétrées le 28 septembre 2009.

Ce jour-là, au moins 156 personnes ont été tuées, par balle, au couteau, à la machette ou à la baïonnette, et des centaines blessées, dans la répression d'un rassemblement de l'opposition dans un stade de Conakry et ses environs, selon le rapport d'une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU.

Les exactions ont continué plusieurs jours contre des femmes séquestrées et des détenus torturés dans ce qui est considéré comme l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire contemporaine de la Guinée.

Au moins 109 femmes ont été violées et d'autres séquestrées et retenues plusieurs semaines comme esclaves sexuelles.

Le président Doumbouya "a fait le choix de récompenser, avant même la fin de la procédure judiciaire, une personne accusée des faits qualifiés de crimes contre l'humanité", souligne jeudi dans le communiqué le coordonnateur du collectif d'avocats des parties civiles, Alpha Amadou DS Bah.

A l'issue du premier procès historique sur ce massacre, l'ex-dictateur guinéen Dadis Camara (2008-2010) avait été condamné à 20 ans d'emprisonnement, avant d'être gracié fin mars 2025 par M. Doumbouya.

Deux autres ex-responsables condamnés, Claude Pivi et Aboubacar Diakité dit Toumba, sont morts en détention respectivement le 6 janvier et le 25 mars 2026.

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