Les sanctions américaines contre de hauts responsables de la Cour pénale internationale "sapent l'Etat de droit", a déclaré la Cour dans un communiqué publié mardi, dans la foulée de mesures prises par Washington à l'encontre de sa présidente.
"Lorsqu'il est fait pression sur les acteurs judiciaires pour les empêcher d'appliquer la loi, c'est l'ordre juridique international lui-même qui est mis en danger", a ajouté la CPI dans son texte envoyé aux journalistes.
Plus tôt mardi, les Etats-Unis, qui ne sont pas partie au traité international ayant institué la Cour pénale internationale, ont imposé des sanctions à l'encontre de sa présidente, la Japonaise Tomoko Akane, dans le cadre de leur nouvelle campagne contre cette juridiction siégeant à La Haye à laquelle ils reprochent d'être "politisée".
Ils ont également sanctionné Abdoulaye Seye, l'avocat principal de l'accusation à la CPI, qui est originaire du Sénégal.
"Les mesures visant les juges, les procureurs et le personnel qui oeuvrent à l'accomplissement du mandat confié à la CPI par les Etats portent atteinte à l'Etat de droit", a réagi la Cour.
La CPI a affirmé qu'elle restait "inébranlable" et qu'elle "soutenait fermement son personnel ainsi que les victimes d'atrocités inimaginables".
Les Etats-Unis ont déjà par le passé imposé des sanctions à plusieurs responsables de cette institution, à savoir l'interdiction d'entrer sur leur territoire ainsi que de toute transaction au sein du système financier américain.
Il s'agit, pour l'essentiel, d'une réaction aux enquêtes de la CPI visant Israël, un allié de Washington.
En 2024, la Cour a émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en lien avec la guerre dans la bande de Gaza.

