Un suspect ukrainien arrêté en Italie puis extradé vers l'Allemagne sera jugé à partir du 14 octobre à Hambourg pour le sabotage du gazoduc germano-russe Nord Stream en 2022, que le parquet allemand impute à Kiev.
Un deuxième suspect arrêté puis libéré en Pologne à l'automne 2025, et de nouveau arrêté en Croatie en août, se trouve en détention provisoire dans ce dernier pays dans l'attente d'une éventuelle extradition vers l'Allemagne.
Dans un communiqué publié jeudi, le tribunal régional supérieur de Hambourg a annoncé le renvoi en procès d'un ancien officier ukrainien, identifié comme Serguiï Kuznietsov au moment de son extradition.
Le procès de celui que la justice allemande considère comme le "co-auteur" de cet "attentat" sera le premier dans cette affaire, quatre ans après le sabotage à l'explosif de ces conduites sous-marines.
Le tribunal estime "suffisants" les soupçons à l'encontre du prévenu, à qui le parquet reproche en premier lieu un "crime de guerre" consistant en une "attaque contre des biens civils".
Une trentaine de jours d'audience sont pour l'heure prévus jusqu'en février 2027.
Le 26 septembre 2022, sept mois après l'invasion russe de l'Ukraine, quatre énormes fuites de gaz précédées d'explosions sous-marines avaient eu lieu à quelques heures d'intervalle sur Nord Stream 1 et 2, des conduites acheminant l'essentiel du gaz russe vers l'Europe.
Début juillet, le parquet allemand avait accusé les autorités ukrainiennes d'avoir ordonné au suspect et à "d'autres militaires" le sabotage.
Une accusation susceptible de compliquer les relations entre Kiev et l'Allemagne, un de ses principaux soutiens militaires.
L'Ukraine dément avoir orchestré le sabotage, mais n'a pas non plus caché sa satisfaction, jugeant légitime toute attaque pouvant affaiblir la capacité du Kremlin à financer sa guerre.
Mi-août, un deuxième Ukrainien, plongeur de formation, a été arrêté en Croatie alors que, selon des médias allemands, il participait au tournage d'un film hollywoodien sur l'explosion des conduites.
Selon le parquet fédéral allemand, Vladimir Z. faisait partie du commando dirigé par Serguiï Kuznietsov.
Vladimir Z. avait déjà été arrêté en Pologne mais un juge polonais avait refusé de l'extrader, arguant qu'il avait commis un acte juste, et ordonné sa libération.

