Le Prix littéraire du Monde attribué à la Franco-Russe Polina Panassenko

Le Prix littéraire du Monde, l'une des premières récompenses de la rentrée, a été attribué jeudi à la romancière franco-russe Polina Panassenko pour "A voix haute", une enquête familiale dans la Russie secrète de Staline.

"A voix haute" (Éditions de l'Olivier) est le deuxième roman de Polina Panassenko, 37 ans, née à Moscou en 1989 puis naturalisée française après l'installation de sa famille en France dans les années 1990.

"Elle livre un texte grave et souvent drôle sur la mémoire et la transmission", a indiqué le jury, composé de 13 journalistes du Monde.

Dans ce récit, l'écrivaine part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père sur la base d'une rare photo conservée par sa famille restée dans son pays natal. Dans la Russie de Poutine, elle enquête sur cet homme disparu mystérieusement, en plongeant dans les archives du KGB et sur les lieux des ex-camps du Goulag.

"En Russie, ni les camps du Goulag ni les répressions politiques n'ont été reconnus à ce jour en tant que crimes contre l'humanité. Il n'y a pas eu de procès. Pas d'équivalent de Nuremberg", constate-t-elle.

En outre, la romancière Anne Godard a reçu le Prix du Point et des Libraires de Nancy pour "Nous aussi" (Actes Sud), son troisième livre.

"Ce livre implacable" est "l'histoire d'une amnésie collective, tissée de silences et de secrets" au sein d'une famille de la grande bourgeoisie, résume Le Point avant la remise du prix le 11 septembre au "Livre sur la place" de Nancy, le principal salon de la rentrée littéraire.

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